La police a tiré à balles réelles contre les manifestants, le 25 juin 2024 | © Keystone/EPA/DANIEL IRUNGU
International

Kenya: les évêques ne demandent pas la destitution du président Ruto

Au Kenya, une pétition et une requête déposée auprès de la Cour suprême du pays demandent la destitution du président William Ruto. Le 27 juillet 2024, la Conférence des évêques catholiques du Kenya (KCBC) a démenti toute implication dans l’affaire. «Notre nom a été inscrit (sur la pétition) sans consultation», ont-ils assuré.

Le président William Rut est à la tête du Kenya depuis le 13 septembre 2022. Des manifestations violentes ont eu lieu à travers le pays du 18 au 25 juin 2024. Elles ont été durement réprimées par les forces de l’ordre. Selon la Commission nationale kényane des droits de l’homme (KNCHR), citée par les médias, 39 personnes ont été tuées et 361 autres blessées durant ces quelques jours. En plus, 32 cas de «disparitions forcées ou involontaires» et 627 arrestations de manifestants ont été également enregistrés.

Les causes de la contestation

Les manifestations de juin étaient organisées à l’appel d’un mouvement de jeunes ›Génération Z’ (les jeunes nés après 1997). Elles s’opposaient à un projet de loi sur les finances 2024, voté par le Parlement, qui autorisait une augmentation des impôts.

Dans un souci d’apaisement, le président Ruto a retiré le projet, mais les jeunes réclament malgré tout sa démission. Ils ont lancé une pétition allant dans ce sens. La pétition demande un référendum pour évincer le président Ruto et son adjoint Rigathi Gachagua de leurs fonctions, les accusant de «violation flagrante de la Constitution, d’abus de pouvoir, d’incompétence en matière de gouvernance et de perte irréversible de la confiance et de la légitimité du public». Une requête en ce sens a été adressée à la Cour suprême, la plus haute instance judiciaire du pays. Le nom de la KCBC a été malencontreusement mentionné dans la pétition.

La crise peut être surmontée

Dans une déclaration en date du 27 juillet, les évêques se sont dissociés de la pétition et de la requête de destitution du chef de l’État. Si, pour la KCBC, «une fiscalité excessive sans services correspondants plongerait la majorité des Kenyans dans la pauvreté», les évêques soulignent que la crise actuelle n’est pas insurmontable à leurs yeux. «Elle offre au Kenya l’opportunité de trouver une solution durable, par un véritable dialogue et des consultations multipartites», ont-ils indiqué. Ils ont réaffirmé l’engagement de l’Église catholique en faveur d’un «dialogue national inclusif» qui «ne devrait avoir pour but de partager des positions politiques, mais de construire une nation prospère, où chacun sentira sa place» (cath.ch/ibc/lb)

La police a tiré à balles réelles contre les manifestants, le 25 juin 2024 | © Keystone/EPA/DANIEL IRUNGU
29 juillet 2024 | 14:21
par Ibrahima Cisse
Temps de lecture : env. 2  min.
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