Tenir les promesses faites au peuple

Kenya: Les responsables d’Eglise interpellent le nouveau président

Nairobi, 7 janvier (APIC) Les responsables d’Eglise au Kenya interpellent le nouveau président Mwai Kibaki, candidat de la Coalition nationale arc-en- ciel (NARC), élu lors des élections du 27 décembre. Le candidat de l’opposition a écarté du pouvoir par sa victoire écrasante l’Union nationale africaine du Kenya (KANU), parti qui dirigeait le pays depuis l’accession à l’indépendance en 1963. Il est maintenant sommé de tenir les promesses faites au peuple lors de la campagne électorale.

«Les Kenyans ont le droit d’être fiers de ce qu’ils ont réussi à faire», a déclaré Mgr John Njenga, archevêque catholique, de Mombasa, qui dirigeait un équipe d’observateurs chargés de suivre les élections. Plusieurs Eglises, communautés musulmanes et organisations non gouvernementales avaient en effet dépêché plus de 19’000 observateurs et scrutateurs dans les 210 circonscriptions électorales du pays.

«Le chemin que nous avons parcouru a été long et difficile», a reconnu l’archevêque Njenga. Ces dernières années, des responsables d’Eglise n’avaient pas hésité à critiquer le président sortant, Daniel Arap Moi, et à réclamer des réformes politiques au Kenya, entre autres la limitation des pouvoirs présidentiels et des mesures visant à assurer le bon déroulement des élections.

Mettre un terme à une corruption endémique

«Vous m’avez demandé de sortir cette nation du chaos et du malaise actuels et de la guider vers la terre promise. Et je le ferai», a déclaré Mwai Kibaki lors de son investiture officielle le 30 décembre. «La corruption, a-t-il dit, cessera désormais d’être un mode de vie au Kenya.»

Mwai Kibaki, un ancien vice-président, avait servi sous le régime de Daniel Arap Moi mais avait quitté le gouvernement il y a plus de dix ans pour rejoindre l’opposition. Il l’emporte sur Uhuru Kenyatta, candidat favori de Daniel Arap Moi, et fils du premier président du pays, Jomo Kenyatta, le «père de la nation». La Constitution interdisait à Daniel Arap Moi de briguer un nouveau mandat.

Lors d’un service religieux du nouvel an, l’archevêque catholique de Nairobi, Mgr Raphaël Ndingi Mwana’a Nzeki, a déclaré que ces élections avaient été «les meilleures que le pays ait connues depuis l’indépendance», et que son Eglise avait prié toute une année pour «des élections pacifiques et équitables».

Pour le pasteur Patrick Rukenya, secrétaire général de l’Eglise presbytérienne d’Afrique orientale, l’avènement du nouveau leader kenyan est dû à «la main du Seigneur». Les Eglises du Kenya devraient, a-t-il ajouté, continuer de «signaler les erreurs commises, afin que les choses bougent de nouveau». (apic/eni/be)

7 janvier 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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