Corruption et mauvaise gestion: les politiciens montrés du doigt
Kenya: Lettre pastorale des évêques, préoccupés par la situation économique du pays
Nairobi, 14 juin 1999 (APIC) Préoccupés par les déboires de l’économie du Kenya, les évêques de ce pays ont publié une lettre pastorale pour dénoncer la corruption, la mauvaise gestion du pays et autres fléaux qui appauvrissent toujours davantage. Les politiciens ne sont pas épargnés. Ni même le président.
Malgré les richesses du pays, la pauvreté s’accroît de jour en jour, déplorent-ils dans le document «A propos de l’Economie du Kenya»: 60 % de la population vivent sous le seuil de la pauvreté et 22 % de la population active est sans emploi. «Les vrais responsables de ce dramatique état des choses sont, selon les évêques, la corruption, une mauvaise administration, les tensions interethniques, la spéculation sur les propriétés terriennes, la pollution…
Pour lutter contre ces fléaux, les prélats plaident pour un retour au spirituel. Ils demandent aussi aux politiciens de développer l’agriculture, l’artisanat, le tourisme, les services sociaux, et d’améliorer les infrastructures. Il faut en outre, décrivent-ils, promouvoir les investissements en encourageant les coopératives et toutes les formes d’associationnisme populaire, respecter les lois et les institutions démocratiques. A ce propos, les évêques insistent pour dire que «nul n’est au dessus des lois, même pas le président de la République».
Les évêques invitent à un radical changement d’attitude de la part de la classe dirigeante qui, pour servir ses propres intérêts, a maintes fois abusé de son pouvoir. Ils demandent enfin à toutes les forces vives du pays d’avoir espoir en l’avenir, en croyant en la Providence . Les évêques pensent en effet que seule la bénédiction de Dieu et l’engagement des citoyens à respecter le bien commun peuvent permettre de sortir de cette si dure crise. (apic/cip/pr)



