Un archevêque anglican part en guerre contre un amendement

Kenya: Loi gouvernementale sur les médicaments contre le VIH

Nairobi, 30 juillet 2006 (Apic) L’archevêque anglican Benjamin Nzimbi, du Kenya, s’est joint aux organisations de la société civile, aux militants de la lutte contre le VIH/SIDA et aux personnes vivant avec le VIH pour s’opposer à l’amendement d’une loi qui pourrait mener à une augmentation de 1000 % du prix de certains médicaments essentiels.

«C’est incroyable et inacceptable», a déclaré l’archevêque Nzimbi dans une déclaration rapportée par l’Agence oecuménique ENI. «Il faut penser un peu plus aux Kenyans pauvres, qui ne peuvent tout simplement pas se permettre d’acheter les médicaments».

Le gouvernement souhaite amender la Loi sur la propriété industrielle, ce qui aurait pour conséquence de limiter les achats réalisés par les pouvoirs publics aux seuls médicaments brevetés, empêchant ainsi les autorités d’avoir accès à des médicaments génériques meilleur marché. Cela signifierait que les entreprises pharmaceutiques locales auraient le droit de produire, conditionner et distribuer les médicaments, ce qui pourrait conduire à une montée en flèche du prix de ceux-ci.

«Nous nous y opposons. Tout ce qui entrave la guerre contre le VIH/SIDA ne peut pas être toléré», déclare l’archevêque anglican, ajoutant que, s’ils étaient mis en oeuvre, ces amendements pourraient réduire à néant toutes les avancées réalisées dans la guerre contre le SIDA au Kenya.

Le Conseil national kenyan de contrôle du sida affirme que la prévalence du VIH/SIDA était passée de 14% en 2000 à 7% des 32 millions d’habitants du pays en 2004. Le 25 juillet, la société civile et les personnes vivant avec le VIH/SIDA ont manifesté à Nairobi, appelant au rejet de la loi amendée.

Vertigineuse augmentation

A l’heure actuelle, les médicaments utilisés pour empêcher la transmission de mère à enfant coûtent 155 shillings kenyans (2,1 dollars), mais l’amendement de la loi ferait grimper le prix à 1770 shillings (24 dollars), soit une augmentation de 1000 %. Le Dr John Wesonga, un médecin engagé dans la lutte contre le VIH, a déclaré que l’amendement causerait d’inutiles retards de livraison et augmentations de prix, et la marge de manoeuvre du gouvernement serait plus restreinte pour répondre aux besoins des Kenyans.

A l’heure actuelle, près de 70’000 Kenyans suivent des traitements antirétroviraux subventionnés par le gouvernement, qui leur permettent de limiter les effets du VIH. On estime que 200’000 personnes environ ont besoin de ces médicaments. (apic/eni/pr)

30 juillet 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!