Pour une enquête internationale
Kenya: Massacre des Mungiki – Une Commission des droits de l’homme se mobilise
Nairobi, 6 novembre 2007 (Apic) La Commission nationale kényane des droits de l’homme (Knchr) exige l’ouverture immédiate d’une enquête sur les «exécutions sommaires» commises depuis juin dernier. Enquête à laquelle participeraient des experts d’Afrique du Sud, du Ghana et du Rwanda.
La Commission nationale kényane des droits de l’homme (Knchr)a présenté hier soir un premier rapport préliminaire sur la vague d’»exécutions sommaires» commises depuis juin dernier par la police aux dépens d’adeptes présumés de la secte des «Mungiki». D’après les informations contenues dans le rapport – et révélées fin octobre par l’agence gouvernementale Knchr elle-même -, la police est accusée d’avoir tué sommairement près de 500 personnes : entre juin et octobre, 454 cadavres enregistrés comme «non identifiés» ont été amenés à la morgue de Nairobi, huit autres dans celle de Machakos et 11 dans celle de Naivasha. Ils présentaient les marques d’une exécution par balles.
Le président de la Commission gouvernementale kényane, Maina Kiai, a souligné que ces exécutions sont liées à «la guerre menée contre la secte des Mungiki» par le gouvernement. «La police kényane est incapable d’enquêter sur cette affaire», a déclaré M. Kiai, dénonçant la faible coopération des forces de sécurité dans le cadre des investigations de la commission des droits de l’homme et réaffirmant la nécessité de l’intervention d’experts externes.
La police, aux dires du commissaire Hussein Ali, a démenti tout le rapport. En juin dernier, suite à une série de meurtres particulièrement sanglants, la police kényane avait mis en oeuvre des opérations massives à l’encontre des Mungikis, en arrêtant près de 2500 adeptes présumés et en en tuant 73 lors de diverses fusillades. La naissance de la secte des Mungiki – «multitude» en langue kikuyu, principale ethnie du pays – semble remonter aux années ’80, comme mouvement autochtone anticolonial et de religion traditionnelle. Les Mungiki affirment d’ailleurs avoir des liens historiques avec le mouvement indépendantiste des Mau Mau. Bannie depuis 2002, la secte est essentiellement composée de jeunes chômeurs de la communauté kikuyu et revendique quatre millions d’adeptes. (apic/misna/vb)



