Kenya: Raid de la police kenyane contre un quotidien et une TV «coupables» d’informer
Le gouvernement n’aime pas les critiques
Nairobi, 2 mars 2006 (Apic) La police kenyane a investi les locaux d’un important quotidien du pays et détruit dans la nuit de mercredi à jeudi du matériel d’impression et de diffusion du second groupe de presse du Kenya. «The Standard», avait publié ce week-end un article provoquant la fureur du gouvernement de Mwai Kibaki.
Il s’agit de la plus brutale et la plus scandaleuse attaque contre un media dans l’histoire de ce pays», a commenté le secrétaire général de l’Union des journalistes du Kenya (KUJ), Ezekiel Mutua, dans une déclaration reprise par l’AFP. L’intervention de la police intervient trois jours après l’arrestation de deux journalistes du quotidien.
Une douzaine de policiers ont effectué un raid qui a mené à la fermeture de l’imprimerie, de la rédaction du journal, mais aussi d’une chaîne de télévision KTN (Kenya Télévision Network)
Les journalistes du «The Standard» et de la KTN ont publié des informations sur une réunion secrète entre le président Mwai Kibaki et l’ancien ministre Kalonzo Musyoka. Ce que nie le gouvernement, qui a exigé des excuses de la part du journal et des journalistes qu’ils dévoilent leurs sources. Le quotidien «The Standard», le plus ancien du pays, a été fondé en 1902. Il est connu pour ses positions critiques contre le gouvernement Kibaki.
Le chef de l’opposition et du Parti KANU (Union Nationale Africaine du Kenya), Uhuru kennyatta, a commenté l’attaque de la police en estimant qu’il s’agissait d’un «recul pour un pays qui se démocratise». Le chef de l’association des propriétaires de presse Rose Kimotho, a pour sa part regretté que la liberté d’expression aient été érodées en une nuit.
Le gouvernement kenyan a reconnu d’avoir ordonné à la police d’attaquer le journal la KTN. Des milliers des copies ont été brûlées, sous prétexte, aux yeux du gouvernement, que le quotidien «fabriquait» des informations. Pour le ministre de l’Intérieure, John Michuki, l’action de la police «visait à protéger la sécurité de l’Etat». car les publications avaient l’objectif de créer la haine ethnique.
KTN a cependant repris ses programmes télévisés jeudi après-midi, après avoir remplacé son matériel. (apic/ag/thk/pr)



