Kenya: Responsables d’Eglise inquiets au sujet d’une secte

Qui «travaille» dans le sillage du mouvement «Mau-Mau», réhabilité

Nairobi, 12 octobre 2003 (Apic) Les responsables d’Eglise du Kenya craignent qu’une secte n’exploite la levée de l’interdiction du mouvement Mau-Mau. La secte Mugiki, mise hors-la-loi, rallie les Eglises du pays dans leur mécontentement.

Ces responsables craignent que la levée de l’interdiction du mouvement d’indépendance Mau-Mau, imposée il y a 50 ans par le gouvernement colonial britannique au Kenya, ne soit exploitée par la secte Mugiki – pourtant mise hors-la-loi -. Celle-ci se prétend issue du mouvement Mau- Mau.

Selon les Eglises, la secte est liée à divers incidents de violence – massacres et mutilations. Le samedi 4 octobre dernier, les membres de la secte ont interrompu violemment une réunion d’anciens combattants Mau-Mau, provoquant l’intervention de la police. Environ 500 jeunes membres de la secte Mugiki ont livré bataille avec les policiers dans les rues durant quatre heures.

«Il faut traiter cette secte conformément à la loi. Sa présence est synonyme d’insécurité», a déclaré l’évêque William Wago de l’Eglise anglicane du Kenya, dans un commentaire destiné à l’Agence oecuménique ENI. Selon lui, les affirmations de la secte qui prétend être issue des Mau-Mau ne peuvent être justifiées».

Promesses gouvernementales

Le gouvernement a légalisé le mouvement Mau-Mau et l’a autorisé à s’enregistrer comme association. Certains responsables religieux, qui ont soutenu la levée de l’interdiction, ont rappelé que les Mau-Mau avaient été le fer de lance de la lutte pour l’indépendance contre la puissance coloniale britannique.

Les membres de la secte «ont tué et engendré le chaos, mais nous pensons qu’il y a quelqu’un de puissant derrière eux», a pour sa part estimé le Père Emmanuel Ngugi, du diocèse catholique de Nairobi

Le 5 octobre, le ministre de la Sécurité nationale, Christopher Murugaru, a promis d’agir contre la secte. «Il peuvent essayer de se manifester, mais le gouvernement va prendre des mesures énergiques contre eux», a-t-il promis. (apic/eni/pr)

12 octobre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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