Controverse au sein des luthériens kenyans

Kenya: Traduire les auteurs de violences devant un tribunal international ne séduit pas

Nairobi, 5 mars 2009 (Apic) Le chef de l’Eglise évangélique luthérienne du Kenya, l’évêque Walter Obare Omwanza, s’est démarqué des autres leaders religieux du pays, qui souhaitent poursuivre en justice les auteurs présumés des violences post-électorales qui ont secoué le pays en 2007-2008. A la place, il propose la mise en place d’une commission paix, justice et réconciliation.

«Les appels en vue de l’établissement d’un tribunal international ou d’une quelconque institution visant à punir des suspects … doivent être reconsidérés. Et avec quel but?», a déclaré l’évêque Obare lors d’une cérémonie organisée pour l’ouverture du nouveau siège de l’Eglise à Nairobi.

Selon cet évêque, une commission de vérité permettrait d’unir les Kenyans, étoffant son propos d’une citation du Mahatma Gandhi:

Les propos de l’évêque ont déclenché des réactions d’autres responsables d’Eglise. L’évêque Boniface Odoyo, à la tête des 10 millions de membres de l’Alliance évangélique du Kenya, a déclaré dans une interview à l’émission Sunday Live de la chaîne Citizen Television, que le point de vue de l’évêque Obare était «sans fondement». Il a ajouté : «Il est évident qu’on mène les Kenyans en bateau. Nous disons : cela suffit, nous devons appeler nos dirigeants à rendre des comptes».

«Les Kenyans veulent voir les suspects traduits en justice. Les Kenyans veulent la justice», a déclaré à l’Agence ENI l’évêque anglican de Mombasa, Julius Kalu. «A long terme, nous pourrons avoir une commission vérité, justice et réconciliation. Les Kenyans, cependant, ne soutiennent pas l’idée d’un tribunal local, car ils n’ont pas la garantie que celui-ci rendra la justice». (apic/eni/pr)

5 mars 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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