Sectes accusées d’enlèvement et de meurtres de mineurs
Kenya: Vers l’interdiction des nombreuses sectes religieuses
Nairobi, 7 novembre (APIC) Les autorités kenyanes ont ouvert une enquête, en vue de les interdire, sur les activités des nombreuses nouvelles églises qui se développent de façon inquiétante dans le pays depuis 1990, a annoncé au parlement, le vice -ministre des Affaires présidentielles, William Rutto. La plupart de ces sectes n’ont pas de lieu de culte, mais louent des locaux: chambres d’hôtel, bars, stades, pour accomplir leurs prières.
La population et le gouvernement accusent de nombreuses sectes d’introduire dans le pays des enseignements étrangers, d’enlever et de tuer des enfants mineurs, ainsi que de mener des activités subversives. L’église «Winner’s Chapel», venue du Nigeria, l’église Universelle du Royaume de Dieu, du Brésil et dont les pasteurs ne parlent ni anglais ni kiswahili, et la secte Mungiki sont directement visées par l’action du gouvernement.
Le mois dernier, une foule en colère avait tenté de saccager et de détruire une église appartenant à l’une de ces sectes. Les manifestants accusaient la secte d’être derrière les enlèvements et meurtres d’enfants. Ils en ont été empêchés par la police qui a dû tirer en l’air pour les disperser. Le Kenya a été secoué en octobre par une vague de rapts, de disparition mystérieuse et de meurtres d’enfants.
Alors même que l’enquête gouvernementale n’est pas terminée, le ministre de l’Energie, Francis Lotodo, a interdit toute activité de la Winner’s Chapel dans sa commune de West Poko à Nairobi. «Bien que la liberté de culte soit reconnue par la constitution, nous n’allons pas permettre à de telles organisations de pervertir notre population avec ces doctrines douteuses», a-t-il souligné.
Tentatives d’enlèvement
Cité par l’Agence Panafricaine de Presse, Francis Lotodo a déclaré lors d’une réunion publique que ces derniers jours, trois enfants avaient échappé de peu à un enlèvement par des disciples de l’église nigériane qu’il a accusée de pratiques bizarres et sinistres. Francis Lotodo a recommandé à la population de chercher une «nourriture spirituelle» auprès des églises traditionnelles «reconnues», appelant ses partisans de ne pas se laisser entraîner dans les filets de cette église «ou vous serez obligés de les suivre au Nigeria».
Lors d’un débat au parlement, le chef de l’opposition, M. Raila Odinga, a défendu la paroisse nigériane, en faisant remarquer qu’elle fait partie de celles qui se développent le plus rapidement au Nigeria où elle est très bien considérée. «Le gouvernement ne se laissera pas intimider par les succès de cette église à l’étranger», a répondu le vice ministre des Affaires présidentielles.
Dans le même ordre d’idées, le gouvernement veut s’attaquer à la secte locale de Mungiki, un groupe non reconnu officiellement qui se consacre à la promotion et à la préservation de traditions culturelles. Il l’accuse d’oeuvrer pour renverser le régime du président Daniel Arap Moï. Les principales pratiques de la secte Mungiki sont l’excision et la récitation de prières face au Mont Kenya qui, selon elle, est le siège du pouvoir divin. (apic/ibc/bb)



