Trois prêtres arrêtés, accusés d’attentats à la bombe
Khartoum: L’Eglise catholique à nouveau dans le collimateur des autorités soudanaises
Khartoum, 3 août 1998 (APIC) L’Eglise catholique au Soudan est une nouvelle fois dans le collimateur du pouvoir islamiste en place à Khartoum, qui cherche à étouffer toute voix critique. Accusés d’avoir participé à des attentats à l’explosif, trois prêtres ont été arrêtés par les forces de sécurité soudanaises, dont deux dans l’enceinte de la cathédrale St-Matthieu de Khartoum, annonce lundi l’agence de presse catholique FIDES à Rome.
Dans la matinée du 28 juillet, une quarantaine de membres des forces de la Sécurité et de la police ont pénétré de force dans les dépendances de l’église de Hallet Mayo à Khartoum dans l’intention d’arrêter le Père Lino Sebit, prétendument accusé de meurtre. Tout le monde a été longuement retenu, même les enfants de l’école, mais le prêtre était absent. Accompagné des avocats de l’Eglise, il s’est présenté volontairement le lendemain aux locaux de la Sécurité, où il a été mis en état d’arrestation sous l’accusation d’avoir participé aux attentats à la bombe qui ont secoué la capitale soudanaise le 30 juin dernier.
A l’heure actuelle, l’archevêché de Khartoum n’a aucune nouvelle du lieu de détention du Père Sebit. On craint pour l’intégrité physique de ce jeune prêtre diocésain ordonné en 1996 et qui exerce son ministère dans la paroisse des martyrs de l’Ouganda dans les environs de Khartoum.
Le soir du 1er août, toujours selon les autorités religieuses catholiques de la capitale soudanaise, un groupe d’une cinquantaine d’hommes lourdement armés appartenant à la Sécurité ont envahi l’archevêché de Khartoum pour y arrêter les Pères Hillary Boma, chancelier de l’archevêché, et William Nilo. Les prêtres de la cathédrale ont été traités sans ménagement et des locaux fouillés de fond en comble.
Si le Père Nilo a été relâché dans le nuit de samedi à dimanche, l’on est toujours sans nouvelles des deux autres prêtres, les Pères Hillary Boma et Lino Sebit. L’archevêché rappelle aussi dans son communiqué que le frère du Père Hillary, Charles, employé à la Conférence des évêques catholiques du Soudan, a déjà été arrêté, relâché puis à nouveau arrêté sans que l’on sache où il se trouve actuellement. L’archevêque de Khartoum, Mgr Gabriel Zubeir Wako, ainsi que le Père Hillary, avaient été emmenés par la police le 1er mai dernier pour interrogatoire, mais ils avaient été rapidement relâchés. L’Eglise craint pour le sort des deux prêtres toujours aux mains de la police, car ils risquent de subir mauvais traitements et torture.
Le Comité «Vigilance pour les droits de l’homme et les libertés au Soudan», basé à Paris, estime lundi que le manque de réaction internationale lors de l’arrestation de Mgr Wako en mai dernier a encouragé «le gouvernement intégriste soudanais à passer la vitesse supérieure dans son souci de discréditer le catholicisme soudanais». (apic/fides/vs/be)



