Mise en garde contre toute rencontre avec des chefs schismatiques

Kiev: L’orthodoxie ukrainienne prie le pape de reporter sa visite

Kiev,

(APIC) L’Eglise orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Moscou presse le pape Jean Paul II de reporter sa visite, alors que le Vatican vient d’en confirmer le déroulement, du 23 au 27 juin prochain.

Dans une lettre publiée à Kiev, la plus grande Eglise orthodoxe du pays, qui dépend du patriarche de Moscou. met le pape en garde, en termes sévères, contre tout contact avec les représentants des autres groupements orthodoxes. «Si Jean Paul II rencontre l’un ou l’autre des chefs schismatiques, cela signifierait la fin de toutes les relations entre nos deux Eglises», a souligné le porte-parole de l’Eglise orthodoxe d’Ukraine.

La chute du mur de Berlin et la fin de l’URSS ont amené la division au sein de l’Eglise orthodoxe. Le premier président ukrainien, après l’indépendance de la république, Leonid Krawtschuk, a encouragé la fondation d’une Eglise orthodoxe ukrainienne et c’est Filaret Denysenko qui s’en est autoproclamé le patriarche. Métropolite de Kiev depuis 1968 et Exarche d’Ukraine, Filaret Denisenko a été évincé en 1990 par Alexis II, à une très faible majorité, à la tête du patriarcat de Moscou. Deux ans plus tard, Alexis II a démis son rival de sa fonction de métropolite du patriarcat de Moscou, en raison de son mode de vie et de collaboration avec les communistes. C’est peu après que Filaret Denisenko a pris la tête de l’Eglise d’Ukraine.

Outre les ailes moscovite et ukrainienne, l’orthodoxie ukrainienne compte encore les fidèles de l’Eglise autocéphale, rentrés de l’exil en 1992. Les vieux croyants du rite russe, qui n’ont pas accepté la réforme liturgique au XVIIème siècle, constituent la quatrième mouvance orthodoxe en Urkaine. Une délégation vaticane s’est rendue en reconnaissance dans la République du 8 au 13 janvier, et a pris langue avec les instances ecclésiales et civiles locales pour préparer la venue du pape.

L’Eglise catholique grecque, unie à Rome, est la pomme de discorde entre Rome et Moscou. Après quatre décennies de persécution, elle a été autorisée en 1990. Des heurts, parfois violents, ont éclaté entre catholiques et orthodoxes, qui entravent lourdement l’œcuménisme jusqu’à aujourd’hui. (apic/kna/wm/mjp)

23 janvier 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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