La mesure est illégale, estime Mgr Monsengwo
Kinshasa: La Radio catholique Amani interdite par le gouvernement
Kinshasa, 29 avril 1998 (APIC) La Radio catholique Amani, qui transmettait de Kisangani, chef-lieu de la Province orientale de la République du Congo, ne pourra plus émettre. L’interdiction de poursuivre ses émissions a été signifiée par le commandant Munene, vice-ministre de l’Intérieur. Mgr Monsengwo, archevêque de Kisangani a qualifié la mesure d’»illégale et d’irrégulière»
Le gouvernement invoque trois raisons pour expliquer la mesure qui frappe cette radio diocésaine: absence d’autorisations nécessaires pour les émissions; le renouvellement des permis de fonctionnement n’a pas été délivré par les nouvelles autorités; les programmes vont au-delà des tâches pastorales qu’elle s’est fixées.
Mgr Monsengwo, archevêque de Kisangani estime que «la mesure est inutilement vexatoire». Selon lui, Radio Amani possédait «toutes les licences et toutes les autorisations prévues par la loi dans le domaine de la radio et de la télévision à partir de 1995». Les autorisations ont été accordées conformément à la demande de création d’une radio et d’une télévision destinée à aider l’archidiocèse dans sa mission d’évangélisation. Les anciennes restrictions décidées pour des raisons d’ordre public sont entrées en désuétude avec l’adoption de la loi sur la presse promulguée le 22 février 1996.
En s’en tenant aux termes de la loi, la fermeture de la radio est «illégale et irrégulière». Pour l’archevêque, la décision est «de la compétence du tribunal… et non pas du ministère de l’Information ou de la police». La présence de la police dans les locaux diocésains où se trouve la Radio, «est tout simplement une violation de domicile». La police n’était en possession d’aucun document du ministère de l’Intérieur pour justifier et autoriser sa présence dans les locaux, rapporte encore l’archevêque.
La fermeture de la radio est un nouvel épisode dans les restrictions de la liberté dans le nouveau Congo du président Kabila. Ces restrictions ont amené le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, Mary Robinson, à retirer le 17 avril la Commission chargée d’enquêter sur les respects des droits de l’homme dans l’ex-Zaïre, à cause des obstacles mis pas les autorités locales.
Depuis quelque temps déjà, l’Eglise dénonce les limitations apportées par le nouveau régime de Kinshasa. Le Père Vata Diambaza, jésuite, directeur de l’Agence d’information DIA (Documentation et Information Africaines), a dénoncé le gouvernement du président Kabila, dans son éditorial de Pâques. «La reconstruction du pays peut se faire seulement avec des attitudes nouvelles et non pas avec une forme de gouvernement qui pratique le terrorisme d’Etat, la confiscation des libertés individuelles, la concentration de tous les pouvoirs dans les mains d’un seul homme, et en favorisant l’idolâtrie». (apic/fides/pr)



