Kinshasa: Les évêques congolais dénoncent les attaques rwandaises à l’est du pays
«La nation est en danger»
Kinshasa, 19 décembre 2004 (Apic) Inquiets par la présence de troupes «étrangères» sur le territoire national, les évêques de la République démocratique du Congo (RDC) ont lancé le 18 décembre un appel à la mobilisation populaire. «Nous disons non à la balkanisation de notre pays», lancent les prélats.
La lettre intitulée «La nation est en danger» est signée de Mgr Laurent Monsengwo, Archevêque de Kisangani et Président de la Conférence épiscopale congolaise.
Dans leur appel, les évêques dénoncent clairement les intrusions et les attaques à l’est de leur pays perpétrées par des troupes rwandaises. «Cette situation est d’autant plus scandaleuse et préoccupante qu’elle survient quelques semaines après la signature solennelle par les chefs d’Etat de la sous-région des Grands Lacs, de l’accord de Dar es-Salaam et après la rencontre de la francophonie à Ouagadougou. Cette reprise des hostilités viole également tous les accords antérieurs. La paix dans la sous-région est à nouveau gravement menacée», soutiennent les évêques congolais.
«Nous constatons avec indignation que chaque fois que le Congo avance vers la paix, des forces visibles et invisibles cherchent à stopper sa marche vers un Etat fort et prospère. Personne ne doit arrêter le processus de pacification et de rétablissement d’un Etat de droit dans notre pays», souligne la Conférence épiscopale, dénonçant au passage la création d’un «concept ambigu de communauté rwandophone». «Nous condamnons toute violence d’où qu’elle vienne et réaffirmons avec force que l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale ne sont pas négociables. Nous disons non à la balkanisation de notre pays».
Appel à des sanctions exemplaires contre le Rwanda
Les évêques congolais demandent au «pays voisin» de retirer ses troupes et de «cesser de se moquer du Congo et de la communauté internationale». Ils appellent la communauté internationale à «sanctionner de manière exemplaire (embargo sur les armes, gel des biens, isolement politique et diplomatique), ceux qui sèment la terreur et violent délibérément les accords internationaux garantissant la coexistence pacifique entre les peuples et de mériter ainsi la confiance du peuple congolais». Ils demandent également au gouvernement congolais de «former rapidement un nouveau gouvernement capable de gérer avec compétence et efficacité la crise qui menace l’intégrité territoriale de la RDC» et de «souder la cohésion interne en ce moment où la nation est en danger et l’avenir du pays compromis». Ils définissent «la formation d’une vraie armée républicaine, la pacification du pays et l’organisation des élections dans le délai constitutionnel» comme objectifs prioritaires pour le pays.
Les évêques demandent enfin au peuple de «se prendre en charge pour l’avènement de la paix et de la démocratie dans la sous-région» et «identifier tous ceux qui cherchent à arrêter la transition et les sanctionner au moment opportun». (apic/com/bb)




