Kosovo: Appel angoissé d’un archevêque catholique du Nord de l’Albanie

«Intervenez avant que tout ne saute!»

Shkodrë, 4 juin 1998 (APIC) Dans un appel angoissé à la communauté internationale, Mgr Angelo Massafra, archevêque catholique de Shkodrë, au Nord de l’Albanie, a demandé jeudi une intervention immédiate au Kosovo «avant que tout ne saute», rapporte l’agence de presse Fides à Rome.

L’archevêque d’origine italienne, qui est aussi évêque de Rrëshen et administrateur apostolique de Lezhë, a la responsabilité de tous les catholiques du Nord du pays. C’est dans son diocèse que se trouve Tropoja, le principal camp qui accueille les réfugiés fuyant les combats dans la province voisine du Kosovo, dépendant de la Serbie. Mgr Massafra a envoyé une équipe de secours à Tropoja où affluent de nombreux enfants souffrant de dénutrition et d’épuisement après avoir franchi les montagnes pour passer clandestinement la frontière.

Mgr Massafra a été parmi les premiers à dénoncer le trafic d’armes qui alimente depuis l’Albanie la guérilla de l’Armée de libération du Kosovo (ALK). Il demande à la communauté internationale et à l’Europe en particulier de ne pas tarder à envoyer une force d’intervention pour éviter une conflagration générale dont les plus pauvres auront une nouvelle fois à payer le prix.

Autriche: «Justice et Paix» pour une intervention militaire si nécessaire

En Autriche, «Justice et Paix» s’est déclarée, en cas d’absolue nécessité, en faveur d’une participation autrichienne active à une intervention militaire dans le cadre de l’ONU et de l’OSCE pour empêcher une escalade du conflit au Kosovo. La Commission catholique plaide en premier lieu pour des interventions diplomatiques, un embargo sur les armes et des pressions économiques.

Dans une prise de position adoptée lors de son assemblée générale à Vienne, «Justice et Paix» n’exclut pas une intervention militaire «pour éviter un bain de sang». A ses yeux, il semble à l’heure actuelle que l’OTAN soit «le seul instrument militaire efficace» pour empêcher une nouvelle guerre dans les Balkans. Comme ce fut le cas en Bosnie, l’Autriche «ne devrait pas rester hors-jeu» dans le cas d’une intervention militaire, mais assumer des tâches clairement définies et limitées. Le conflit au Kosovo montre de façon dramatique que l’Autriche doit clarifier ses relations avec les structures de sécurité existantes en Europe, relève encore «Justice et Paix» qui demande la suspension du renvoi des réfugiés kosovars. (apic/fides/kap/be)

3 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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