Ils dénoncent la purification ethnique antiserbe

Kosovo: Les chefs de l’Eglise orthodoxe écrivent à Clinton et à Kofi Annan

Belgrade, 29 juin 1999 (APIC) «Le Kosovo pourrait bientôt devenir un territoire ethniquement pur si la terreur antiserbe ne cesse pas immédiatement», dénoncent en chœur les chefs de l’Eglise orthodoxe serbe. Inquiets par les attaques croissantes contre les civils serbes depuis l’entrée des troupes de la KFOR, le patriarche Pavle et le métropolite Artemije ont lancé un appel urgent au président américain William Jefferson Clinton et à Kofi Annan, secrétaire général des Nations Unies.

Dans une lettre conjointe, signée également par le chef politique des Serbes du Kosovo, Momcilo Trajkovic, les chefs de l’Eglise serbe demandent aux troupes de la KFOR de stopper les attaques des Albanais contre les Serbes du Kosovo.

Mais que fait donc la KFOR ?

«Il est difficile à comprendre comment il est possible que malgré la présence d’au moins 20’000 membres de la KFOR, les pires crimes sont commis au Kosovo», écrivent-ils. L’évêque Artemije Radosavljevic, l’une des plus importantes figures de l’Eglise serbe, a reconnu lundi que les Albanais du Kosovo ont subi un véritable «pogrom» de la part des forces serbes. Mais il soutient que les coupables ont déjà fui le Kosovo, et que les populations civiles victimes des attaques des militants de l’UçK ne sont pas responsables.

Le métropolite Artemije dénie le droit à une populace incontrôlée et avide de revanche d’exercer sa propre justice. Les principales victimes des derniers actes sanglants sont les Serbes restés sur place et les tsiganes, accusés par les Albanais d’avoir collaboré avec les forces serbes. Les responsables de l’Eglise serbe soulignent que si la KFOR ne protège pas mieux les Serbes du Kosovo de la «terreur» des Albanais, «notre peuple perdra définitivement confiance dans les troupes internationales». Dans ce cas, assurent-ils, les Serbes au Kosovo pourraient refuser toute collaboration avec la KFOR dans le futur «et organiser tant bien que mal leur propre défense».

Lundi, à Kosovo Polje, le métropolite Artemije a accusé le président yougoslave Slobodan Milosevic «et les autres dirigeants sans Dieu de notre peuple» d’être responsables de ce qui s’est passé au Kosovo, mais également du fait qu’il n’y ait plus aucun Serbe en Bosnie occidentale, mais aussi dans la Krajina et en Slavonie, régions «purifiées» de la Croatie. La Serbie doit maintenant faire face à la présence sur son sol de plus de 600’000 réfugiés, qui ne reçoivent pas d’assistance suffisante. (apic/kap/be)

29 juin 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!