86 couvents et églises cibles des extrémistes depuis juillet 1999

Kosovo: Les destructions d’églises orthodoxes se poursuivent malgré la présence de la Kfor

Pristina, 3 août 2000 (APIC) Au Kosovo, malgré la présence des soldats de la KFOR et les policiers de l’UNMIK, les destructions d’églises orthodoxes serbes se poursuivent. Depuis juillet 1999, 86 couvents et églises ont été détruits dans la province serbe à majorité albanaise. Si tout le monde s’accorde à penser que ces destructions sont l’œuvre d’»extrémistes albanais», le président du Comité Helsinki du Kosovo à Pristina parle de l’intervention d’»agents de Belgrade». L’UNMIK rejette cette thèse.

Gazmend Pula, président du Comité Helsinki du Kosovo (membre de la Fédération Internationale d’Helsinki, basée àà Vienne), a suggéré que les auteurs des attentats viendraient de Belgrade. Lui-même d’origine albanaise, G. Pula a déclaré à l’Institut Keston, une organisation qui enquête sur la liberté religieuse dans les anciens pays communistes, que pour lui, il n’est pas du tout prouvé que des Albanais en sont responsables. Il a lancé un appel à la KFOR et à l’UNMIK afin qu’elles fassent davantage pour enquêter sur ces attaques et en trouver les auteurs.

Susan Manwell, porte-parole de l’UNMIK, a rapidement rejeté la thèse de provocateurs serbes venus de Belgrade, «car jusqu’à maintenant aucun agent du régime de Belgrade n’a été pris lors d’un attentat.» Elle a ainsi renvoyé la responsabilité des attentats à la population locale albanaise. Les derniers en date sont la destruction des églises du saint prophète Elie, à Pomazatin, de St-Paraskeva, à Podgorce, et de St-Nicolas, à Srbinje, près du célèbre monastère de Gracanica, dynamitées en l’espace de six semaines.

«Campagne systématique pour détruire tous es sites religieux orthodoxes serbes»

Selon le Keston Institute, il semble que l’on assiste au Kosovo à une «campagne systématique pour détruire tous les sites religieux orthodoxes serbes». La dernière destruction en date concerne l’église St-Elie de Pomazatin, à 12 km de Pristina, sur la rive gauche de la Drenica, rasée au sol le 16 juillet dernier. Elle avait déjà été endommagée le 3 août 1999, alors que des troupes britanniques de la KFOR étaient déployées aux alentours de l’édifice religieux. Le diocèse orthodoxe de Raska et Prizren avait demandé la protection de la KFOR pour prévenir d’autres attaques antiserbes, ce qui n’a pas empêché ce nouvel attentat, alors que les casernements des troupes ne sont qu’à quelques centaines de mètres.

Le Père Sava, moine du couvent de Decani, a souligné que si le 95% de l’héritage culturel du Kosovo est probablement composé d’édifices orthodoxes, «ils doivent être sauvés non seulement pour les Serbes, mais aussi pour tous les Européens». L’Eglise orthodoxe serbe du Kosovo dénonce également les attaques albanaises contre les convois funèbres et la profanation des cimetières orthodoxes. (apic/kap/decani/be)

3 août 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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