Impunité face aux agressions et aux meurtres, dénonce AI

Kosovo: Les membres des minorités prisonniers dans leur propre maison

Londres, 29 avril 2003 (Apic) Les minorités ethniques du Kosovo, quatre ans après la guerre, demeurent la cible d’agressions ou de meurtres, et leurs droits sociaux demeurent continuellement bafoués. Amnesty International exhorte la MINUK et le gouvernement autonome local à mettre fin à l’impunité des exactions, condition indispensable au retour des réfugiés.

Presque quatre ans après la guerre au Kosovo, les membres des communautés minoritaires encourent toujours le risque d’être agressés ou tués pour des motifs d’ordre ethnique, affirme Amnesty dans un rapport publié le 29 avril et intitulé «Prisonniers dans nos propres maisons: les préoccupations d’Amnesty International concernant les droits humains des minorités au Kosovo/Kosova».

Les minorités au Kosovo se voient refuser des réparations concrètes pour des actes ou des menaces de violence portant atteinte à leur intégrité physique et mentale. L’impunité, tant pour les violations passées que présentes, prive les minorités au Kosovo de leurs droits reconnus par la législation nationale et les normes internationales, dénonce l’organisation de défense des droits humains.

«La population se trouve confortée dans son sentiment que les coupables demeurent libres de commettre de nouvelles agressions, ce qui entretient un climat de peur. Cette situation prévaut en particulier pour les minorités composées par les Serbes, Musulmans, Goranis, Rom, Askhalis et Egyptiens», soutient Amnesty dans son rapport.

90% des Serbes et des Roms sans emploi

Selon elle, l’impossibilité de bénéficier de soins médicaux appropriés a engendré une hausse du taux de mortalité et du nombre de personnes malades au sein de plusieurs communautés minoritaires. La situation est également dramatique au niveau de l’emploi. «La discrimination est flagrante: selon des estimations, près de 90% des Serbes et des Roms sont officiellement sans emploi – les Serbes en particulier ont été collectivement renvoyés en juin 1999 des postes qu’ils occupaient dans les entreprises publiques ou la fonction publique», dénonce l’organisation dans son rapport.

En conclusion, Amnesty International exhorte la MINUK et le gouvernement autonome provisoire au Kosovo à s’attaquer sérieusement à la question de l’impunité et à prendre des mesures pour garantir les droits des minorités résidant au Kosovo. «C’est une condition sine qua non pour que les membres des minorités qui se sont réfugiés à l’étranger ou ont été déplacés en Serbie-Monténégro puissent exercer leur droit de rentrer au Kosovo dans la dignité et en toute sécurité», soutient l’organisation, qui appelle également la communauté internationale à «veiller à ce qu’aucun membre d’une minorité ne soit renvoyé de force au Kosovo». (apic/com/bb)

29 avril 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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