Les soldats italiens de la Kfor protègent églises et monastères

Kosovo: Les monastères orthodoxes protégés 24 h sur 24

Pristina, 6 avril 2006 (Apic) Les monastères et églises orthodoxes sont sous la protection constante de la force de sécurité de l’Otan, la Kfor, et de ses soldats italiens. La guerre est finie au Kosovo mais la paix est encore lointaine et les soldats de la Kfor protègent la population serbe, devenue à son tour une minorité à protéger.

Aujourd’hui au Kosovo la guerre est finie et les forces en présence se sont inversées. Le peuple serbe devenant la minorité à protéger dans un Kosovo où la population est à 90% albanaise de religion musulmane, avec un petit pourcentage de catholiques. Le reportage dans la région de l’envoyé spécial du journal catholique italien L’Avvenire se penche sur le quotidien des orthodoxes serbes. Ces derniers, «grands perdants du conflit, sont relégués dans une zone septentrionale de la région, protégée par des militaires et des blindés. Les gens ne sortent pas s’ils ne sont pas escortés» écrit l’Avvenire. Même pour aller à la messe, si l’église se trouve en dehors de leur village. Et si elle a été détruite pendant la guerre ou lors d’une récente flambée anti serbe, il n’est pas possible pour les fidèles d’assister aux offices. «En sept ans, déclare le Père orthodoxe Xenofont, des centaines d’édifices religieux ont été détruits ou brûlés. La dernière attaque date de mars 2004. En trois jours, les Albanais ont rasé plus de trente églises et détruit des maisons serbes» raconte-t-il.

«Nous aussi ici au monastère, avons été attaqués. Heureusement nous étions sous la protection des militaires italiens de la Kfor, comme aujourd’hui. Pour les grandes fêtes chrétiennes, Noël, Pâques, la fête des morts, il est organisé des convois spéciaux escortés de forces de l’ordre. Nous, chrétiens orthodoxes, on se sent assiégés, poursuit le Père Xenofont, pour qui l’origine de toute cette haine est de nature ethnique. «Qui peut exclure que si les orthodoxes disparaissent, ce ne sera pas aussi le sort de la minorité chrétienne? Nous sommes aussi préoccupés par la présence de missionnaires islamiques venus d’Iran et d’Arabie saoudite.»

Et qu’en sera-t-il de la minorité catholique?

Le Traité de Rambouillet qui a mis fin au conflit prévoyait l’autodétermination des peuples. Or «le peuple kosovar est albanais» explique au journaliste du quotidien catholique italien Arber Rexhaj, leader d’un mouvement indépendantiste. Côté diplomatie, à Vienne s’est conclu récemment un troisième round de négociations entre les deux délégations qui débattent du statut de la région.

Entretemps, les chrétiens kosovars (serbes) ont peur. «Si le Kosovo devient un Etat indépendant que deviendra-t-il de nous? Les troupes de l’Otan devront partir et qui garantira notre sécurité?».

Fin 2004, l’Eglise orthodoxe serbe avait intenté un procès contre la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Italie pour avoir failli à la protection de ses églises au Kosovo en mars 2004 lors des flambées de violence albanaises. Les troupes de l’Otan de ces 4 pays auraient laissé les Albanais piller et détruire les églises.

Le Kosovo fait partie du territoire de la Serbie-Monténégro, membre du Conseil de l’Europe depuis avril 2003 et partie à la Convention européenne des droits de l’Homme depuis le 3 mars 2004. Cependant, conformément à la Résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité des Nations Unies, le Kosovo est administré par la communauté internationale, sous la direction de la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo («Minuk»). Sa sécurité est assurée par la Kfor qui relève de l’Otan. (apic/avvenire/apce/vb)

6 avril 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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