Allemagne: Les Lefebvristes constatent l’échec des négociations avec Rome

L’abbé Schmidberger rejette l’idée d’un ralliement

Stuttgart, 20 septembre 2012 (Apic) La Fraternité sacerdotale saint Pie X (FSSPX) s’achemine vers un constat d’échec de ses négociations avec le Vatican. Dans une vidéo publiée sur le site des traditionalistes, l’abbé Franz Schmidberger, supérieur du district d’Allemagne, en rend Rome responsable.

Le 13 juin dernier lors d’une rencontre avec le cardinal William Levada, alors encore préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr Bernard Fellay, supérieur général de Fraternité, s’est vu remettre une déclaration qui place la FSSPX devant un problème. D’un côté elle exige l’acceptation de la nouvelle liturgie, de l’autre la reconnaissance fondamentale du Concile Vatican II comme s’inscrivant dans la lignée ininterrompue des conciles et de l’enseignement de l’Eglise catholique. «Ce qui ne va vraiment pas», estime l’abbé Schmidberger.

Il y a une rupture que l’on ne peut pas nier, poursuit le supérieur de district. La prétendue herméneutique de la continuité est fausse. Le concept théologique qui veut que Vatican II s’inscrive dans la ligne de la tradition catholique vient de l’ancien théologien du Concile Joseph Ratzinger, l’actuel pape Benoît XVI. Pour qu’on puisse aboutir à une union, Rome devrait renoncer à cette revendication, juge l’abbé Schmidberger.

Le supérieur d’Allemagne explique qu’après la remise de ce document, la Fraternité s’est immédiatement adressée au pape pour lui demander si ces nouvelles exigences venaient de lui. Ce que Benoît XVI a confirmé. L’abbé Schmidberger considère cela comme un «revirement».

Le chapitre général de la Fraternité saint Pie X réuni au mois de juillet, à Ecône, en Suisse, s’est uni sur trois points qui doivent être exigés de Rome, relève l’abbé Schmidberger. Les «erreurs du Concile» doivent être mise au pilori. La FSSPX doit être autorisée à utiliser exclusivement les livres liturgiques de 1962. Et, enfin, elle doit avoir un évêque issu de ses propres rangs.

L’abbé Schmidberger poursuit par une critique virulente visant le nouveau préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr Gerhard Ludwig Müller, ancien évêque de Ratisbonne. Il conclut en condamnant l’œcuménisme et l’Eglise protestante.

Interrogé sur l’éventualité d’une nouvelle excommunication suite à l’échec des négociations, l’abbé Schmidberger relève qu’il n’y croit pas et quelle serait une «grande catastrophe pour l’Eglise». Elle discréditerait et démoraliserait toutes les forces qui, à l’intérieur de l’Eglise, travaillent à sa restauration.

Quant à l’utilité des négociations menées depuis 2009 avec Rome, le supérieur du district d’Allemagne souligne leur importance. La situation de la Fraternité correspond à un temps de crise, mais elle n’est pas normale, concède-t-il. «Nous devons tendre à la normalisation, mais si cela n’aboutit pas, ce n’est pas de notre faute. Nous sommes dans une situation de nécessité si nous voulons préserver l’ancienne liturgie, l’ancien enseignement, l’ancienne discipline comme un tout et continuer à mener une vie vraiment catholique». En outre, pour l’abbé Schmidberger, ces négociations ont aussi permis de mettre au jour certaines faiblesses au sein de la FSSPX et de conduire un processus d’éclaircissement.

La video (en allemand) est visible sous : http://www.youtube.com/watch?v=s9Y3B75l1VA&feature=youtu.be

(apic/kna/mp)

20 septembre 2012 | 12:20
par webmaster@kath.ch
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