Afrique australe: Les évêques appellent l’Afrique du Sud à faire pression sur le Swaziland

L’aide financière pour sauver le pays doit être conditionnée

Johannesburg, 25 juin 2011 (Apic) La Conférence des évêques catholiques d’Afrique australe (SACBC) appelle le gouvernement d’Afrique du Sud à conditionner son aide financière de 10 milliards de Rands (1,2 million CHF) au Swaziland. Ce petit royaume enclavé dans l’Afrique du Sud est en proie à d’énormes difficultés économiques et sociales. La SACBC regroupe les évêques catholiques du Botswana, du Swaziland et de l’Afrique du Sud.

Le Swaziland a le taux le plus élevé de l’infection VIH-sida dans le monde (26%), l’espérance de vie la plus faible (32 ans), un taux de chômage de 40%, sans cesse en hausse, ainsi qu’une extrême pauvreté, 70% de la population vivant avec moins de 2 dollars par jour. S’y ajoutent des mesures restreignant les libertés d’expression, d’association et de manifestation, depuis 37 ans.

Dans un communiqué de son porte-parole, le cardinal Wilfrid Napier, archevêque de Durban, en Afrique du Sud, diffusé par le Service d’information catholique pour l’Afrique (CISA), la SACBC estime que l’aide financière sud-africaine sera un sauvetage financier pour le Swaziland, mettra à flot son gouvernement et évitera à l’administration de s’effondrer. Elle doit cependant être conditionnée.

La SACBC exhorte le gouvernement sud-africain, à faire pression sur le Swaziland pour abandonner ou au moins réformer la «Tinkhundla», un système de gouvernance basé sur la faveur et l’alliance du roi. Ce mélange de styles occidental et traditionnel, comprend un gouvernement nommé par le roi, et deux chambres: le Sénat avec 30 membres, dont 20 sont nommés par le roi et 10 élus; et l’Assemblée nationale, où 10 membres sont nommés par le roi et 55 élus.

De l’avis des évêques d’Afrique australe, ce système est un propice à la corruption et au détournement de fonds publics. Destinés à soulager les souffrances du peuple, les fonds sont détournés pour soutenir le style de vie «fastueux de la monarchie».

Les évêques de la SACBC invitent le gouvernement sud-africain à conditionner son sauvetage financier à la reconnaissance et à l’application de la Déclaration universelle des droits de l’homme au Swaziland et à l’annulation, par le roi, de l’arrêté royal du 12 avril 1973 établissant l’état d’urgence.

Ils préconisent l’instauration d’un dialogue constructif entre le roi Mswati III et son peuple, afin de faciliter l’évolution du pays vers une véritable démocratie, par l’établissement d’un processus aboutissant à la rédaction d’une nouvelle constitution qui garantirait l’égalité des citoyens et le respect des droits de l’homme.

Pour les prélats, aucune somme de l’enveloppe financière que se propose de débloquer l’Afrique du Sud, ne doit être consacrée à financer ou renflouer, directement ou indirectement, la monarchie. Le gouvernement sud-africain dans sa politique de soutien financier aux économies des pays de la sous-région d’Afrique australe en difficultés, doit mettre en avant les mêmes critères qu’il exige pour la vente d’armes à ces pays.

«Les peuples du Swaziland aiment leur roi et leur pays, mais les conditions qui ont créé cette crise ne doivent pas être ignorées par l’Afrique du Sud, à travers son plan de sauvetage», font remarquer les évêques de la SACBC. (apic/ibc/mp)

25 juin 2011 | 16:38
par webmaster@kath.ch
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