France: Le protestantisme se maintient grâce au protestantisme évangélique
L’Alsace-Lorraine avec la Franche-Comté en terrain florissant
Paris, 30 octobre 2009 (Apic) Le protestantisme français se maintient, et représente 2,2 % de la population âgée de plus de 18 ans, soit 980’000 personnes, selon un sondage Ifop, cité par l’Agence œcuménique ENI.
Avant la tenue, du 30 octobre au 2 novembre, du rassemblement Protestants en fête, à Strasbourg, l’hebdomadaire Réforme a publié un sondage réalisé par Ifop, qui révèle les mutations récentes du protestantisme français. «La minorité protestante se maintient, voire est en légère croissance», remarque le sociologue des religions Jean-Paul Willaime, dans son commentaire publié dans Réforme.
Le dynamisme protestant est essentiellement dû à la croissance régulière du protestantisme évangélique. En France, selon les chiffres couramment admis, les évangéliques seraient environ 400’000. De son côté, «le protestantisme luthéro-réformé a enrayé son déclin», souligne l’historien et sociologue Sébastien Fath.
Cette bonne santé protestante tranche singulièrement avec les évolutions du catholicisme. Seulement 42 % des Français se déclarent désormais catholiques, selon la dernière enquête sur les valeurs réalisée en France en 2008. En 1981, ils étaient plus de 70 %. «Ces dernières décennies, il y a bien eu une baisse drastique de l’identification des Français au catholicisme», estime Jean-Paul Willaime.
Selon la même enquête, l’implantation géographique du protestantisme est en train de changer. Le bastion traditionnel du Sud-Est, qui inclut les Cévennes, voit sa population protestante diminuer, ne représentant désormais plus que 12 % de la population protestante française.
En revanche, l’Alsace-Lorraine demeure l’une des grandes régions protestantes de la France. Elle concentre, avec la Franche-Comté et en particulier le pays de Montbéliard, vieille terre d’implantation luthérienne, 28 % de la population protestante française. Le phénomène émergent est l’accentuation de la présence protestante en région parisienne (18 % des protestants) et dans les grandes villes de l’Hexagone. Le protestantisme français, comme l’ensemble de la population, s’urbanise.
Le comportement politique des protestants, mesuré depuis le début du XXe siècle, s’est lui aussi aligné sur l’ensemble de la population française. Si les protestants français ont longtemps été des électeurs de gauche – 40 % des protestants accordaient ainsi, en 1978, leurs faveurs au Parti socialiste et au Mouvement des radicaux de gauche, contre 25 % pour l’ensemble des Français -, ils ne le sont plus aujourd’hui dans les mêmes proportions.
Selon le sondage Ifop, l’UMP (Union pour un mouvement populaire, droite) recueille 22,6 % des votes des protestants, niveau comparable aux 22,5 % de l’ensemble des Français et aux 27,9 % des catholiques. Ils sont 29,2 % à soutenir les partis de gauche, ce qui est inférieur à la moyenne française (31,1 %).
Les mutations internes du protestantisme influent de façon déterminante sur ses traits sociopolitiques. «Les apports évangéliques aboutissent à une baisse de la moyenne d’âge, une diversification des profils professionnels et un recentrage politique», écrit enfin Sébastien Fath dans Réforme. (apic/eni/pr)



