Rome: Paul Widmer s’apprête à devenir ambassadeur de Suisse près le Saint-Siège
L’ambassadeur Jean-François Kammer sur le départ
Rome, 12 octobre 2011 (Apic) A la fin de l’audience générale du 12 octobre 2011, l’ambassadeur de Suisse auprès du Saint-Siège, Jean-François Kammer, a salué Benoît XVI au terme de son mandat de plus de 6 ans, rapporte l’agence I.MEDIA. Le Genevois de 65 ans, qui prend sa retraite, est remplacé par Paul Widmer, jusqu’ici représentant permanent de la Suisse auprès du Conseil de l’Europe.
L’arrivée de Jean-François Kammer à la tête de la représentation helvétique auprès du Saint-Siège, en mars 2005, avait entériné la normalisation des relations entre la Suisse et le Vatican. «En mission spéciale» depuis 1991, le représentant suisse était alors devenu ambassadeur «extraordinaire et plénipotentiaire». Jean-François Kammer est le cinquième ambassadeur en poste depuis 1991, il est également le premier catholique à occuper cette fonction.
Pas de résidence à Rome
Paul Widmer, un autre catholique, lui succèdera. Il a été ambassadeur et représentant permanent de la Suisse auprès du Conseil de l’Europe à Strasbourg, de décembre 2007 à juillet dernier. Comme son prédécesseur, il résidera en Suisse et ne devrait pas présenter ses lettres de créances à Benoît XVI avant le mois de décembre prochain, lorsque le pape recevra un groupe de nouveaux diplomates n’habitant pas à Rome.
Né en 1949 dans le canton de Saint-Gall, Paul Widmer est entré en 1977 au service du Département fédéral des affaires étrangères. Après diverses missions, dont plusieurs aux Etats-Unis (au consulat de New York, auprès des Nations Unies, ou à l’ambassade à Washington), il a été chef du bureau de Berlin jusqu’à 1999, puis ambassadeur en Croatie jusqu’à 2003, et enfin ambassadeur en Jordanie jusqu’à sa nomination, en 2007, auprès du Conseil de l’Europe.
Relations en dent de scie
Les relations diplomatiques entre la Suisse et le Saint-Siège n’ont pas toujours été au beau fixe. Elles ont été rompues en décembre 1873, suite au projet du Vatican de créer un évêché à Genève. Il faudra attendre 1920, avec l’envoi d’un nonce à Berne, pour que les relations reprennent.
De son côté, le Conseil fédéral a attendu 1991 pour nommer un ambassadeur «en mission spéciale» à Rome. Lors d’une visite dans la capitale italienne, en juillet 2003, le président de la Confédération, Pascal Couchepin, avait souhaité que le climat se réchauffe, même si «la Suisse a toujours fait preuve d’une grande prudence dans ses relations avec l’Eglise».
C’est lors du voyage de Jean-Paul II à Berne, le 5 juin 2004, que le président de la Confédération Joseph Deiss avait officiellement annoncé que son pays allait «adapter ses relations diplomatiques à la situation actuelle». De fait, le représentant suisse près le Saint-Siège est devenu un ambassadeur «extraordinaire et plénipotentiaire» à plein titre, à partir de 2005. (apic/imedia/ami/nd)



