Italie: Visite de Benoît XVI à Lorette
L’Année de la foi en perspective
Rome, 1er octobre 2012 (Apic) Benoît XVI se rendra le 4 octobre 2012 à Lorette, au centre-est de l’Italie, pour la seconde fois de son pontificat. Il confiera à l’intercession de la Vierge l’Année de la foi et le Synode pour la nouvelle évangélisation qui débuteront quelques jours plus tard. Le sanctuaire marial de Lorette, sur la côte adriatique, abrite, selon la tradition, la ’Sainte Maison’ de la Vierge Marie et possède une très longue histoire.
Il s’agira du premier déplacement du pape depuis son retour au Vatican de Castel Gandolfo, le 1er octobre. Il se rendra tout d’abord au ’Centre Jean-Paul II’ de Montorso, dans Les Marches, à quelques kilomètres du sanctuaire. Il sera accueilli entre autres par le prélat de Lorette et délégué pontifical pour ce sanctuaire marial, Mgr Giovanni Tonucci. Le nonce apostolique en Italie, Mgr Adriano Bernardini, sera également présent. L’ambassadeur d’Italie près le Saint-Siège, Francesco Maria Greco, et le sous-secrétaire à la présidence du Conseil des ministres, Antonio Catricalà, représenteront l’Etat italien.
Sur les traces de Jean XXIII
Benoît XVI se rendra ensuite à Lorette. Dans le sanctuaire, le pape sera accueilli par le Père suisse Mauro Jöhri, ministre général de l’ordre des capucins, par la communauté des capucins du sanctuaire et par les curés de Lorette. Benoît XVI pénètrera ensuite dans la ’Sainte-Maison’, située au cœur même de la basilique, pour un moment de prière.
Entouré de son secrétaire d’Etat, le cardinal Tarcisio Bertone, de Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, de Mgr Nikola Eterovic, secrétaire général du Synode des évêques, et de Mgr Tonucci, le pape présidera ensuite la messe sur la ’Piazza della Madonna’, en dessous du sanctuaire.
Le déplacement de Benoît XVI rappelle le pèlerinage effectué il y a 50 ans jour pour jour par Jean XXIII. Peu avant l’ouverture du Concile Vatican II, le pape s’était en effet rendu en train à Assise et à Lorette.
Benoît XVI est allé une première fois à Lorette en 2007, pour une rencontre avec plusieurs centaines de milliers de jeunes Italiens.
Encadré
Le sanctuaire de Lorette était à l’origine un champ de lauriers appartenant au cardinal vicaire du pape Célestin V (1294).
Chargé de mettre de l’ordre dans les trafics alors liés au culte des reliques, le cardinal s’intéressa au projet de la famille Angeli,qui cherchait à reconstruire en Italie la ’Sainte Maison’ de Nazareth où aurait vécu la Vierge Marie. C’est donc dans le domaine du cardinal que furent transportées des pierres venant de Palestine.
Si la légende raconte que des anges auraient transporté dans les airs la ’chambre’ de la Vierge, sans doute en raison du nom de la famille des Angeli, c’est en réalité un bateau qui achemina les pierres. La reconstitution de la ’chambre’ de la Vierge Marie fut entreprise en 1294. Elle y reçut, selon la tradition, la visite de l’ange Gabriel venu lui annoncer la naissance de Jésus.
De sérieux indices d’une origine palestinienne
Rien ne prouve indubitablement que cette pièce formée de trois murs soit un vestige de la maison où, selon la tradiction, aurait vécu Marie. Mais les pierres ne sont pas du type géologique de la région de l’actuel sanctuaire. Elles sont en revanche semblables à celles taillées par les Nabatéens à l’époque de Jésus. On retrouve aussi les mêmes graffitis antiques, concernant l’incarnation, sur les pierres de Lorette que sur les vestiges de la maison de Nazareth où la Vierge aurait vécu.
De plus, à l’occasion de travaux sur les murs de la ’chambre’ conservée à Lorette, des traces du passage des croisés (cinq croix d’étoffe rouge) ont été retrouvées. Les croisés avaient défendu le sanctuaire en Terre sainte avant leur défaite de 1251. Des débris d’œufs d’autruche ont aussi été retrouvés. S’il n’y a jamais eu d’autruches dans la région des Marches en Italie, elles étaient en revanche nombreuses en Palestine. On se servait de leurs œufs, vidés et peints, comme ex-voto.
Une autre pièce à conviction est l’absence d’un quatrième mur fermant la ’chambre’. Il n’aurait en effet jamais existé. La pièce donnait dans une petite grotte qui faisait office de garde-manger, selon l’usage d’alors au Proche-Orient. L’espace laissé libre par l’absence d’un quatrième mur à Lorette correspondrait exactement à l’ouverture de la grotte à Nazareth. Clément VIII (1592-1605) fit mesurer deux fois les deux espaces pour authentifier la ’Sainte Maison’ de Lorette.
Des millions de pèlerins chaque année
Mais au-delà de l’authenticité des reliques qui y sont conservées, le plus important, aux yeux de l’Eglise, c’est la piété des fidèles, qui ne s’est jamais démentie. La petite ville accueille des millions de pèlerins chaque année.
Englobée dans une immense basilique aux murs de marbre, construite sous Jules II (1503-1513) et qualifiée «d’écrin» par sainte Thérèse de Lisieux en 1887, la ›Sainte Maison’ a accueilli de nombreux saints et bienheureux, dont les noms sont inscrits sur une plaque.
Jean Paul II (1978-2005) avait effectué cinq visites à Lorette au cours de son pontificat. (apic/imedia/cp/rz)



