Inde: Un trafic d’enfants orchestré par des pasteurs

L’appât du gain pousserait certains chrétiens à enlever des enfants à leurs familles

Kanyakumari (Inde), 8 décembre 2010 (Apic) Alors que des cas de trafics d’enfants impliquant des pasteurs ont été recensés, des chrétiens se félicitent de l’enquête ordonnée par la Cour suprême fédérale indienne.

«Un travail social mené de façon aussi peu scrupuleuse par des chrétiens apporte le discrédit sur l’ensemble de la communauté chrétienne. Ce genre de transfert n’aide en rien le développement des enfants», a déclaré l’évêque anglican G. Devakadasham, président adjoint de l’Eglise de l’Inde du Sud, à l’agence d’information œcuménique Eni.

L’évêque Devakadasham est à la tête du diocèse de Kanyakumari, dans l’Etat du Tamil Nadu, dans le Sud de l’Inde, où la Commission nationale pour la protection des droits de l’enfant est intervenue dans des orphelinats suspicieux, sur ordre de la Cour suprême.

Selon le journal «Indian Express», le trafic cible des parents pauvres qui sont incités à donner leurs enfants à des orphelinats situés très loin, sous prétexte d’une meilleure éducation. Au lieu de cela, les enfants seraient placés dans des institutions ne disposant pas d’une infrastructure adéquate et seraient mal nourris.

David Prabhakar, du Ministère diaconal de l’Eglise de l’Inde du Sud, a déclaré au correspondant d’Eni qu’au moins six orphelinats de ce genre avaient été fermés après l’intervention de la Commission nationale pour la protection des droits de l’enfant.

Rapport de la Commission

Dans son rapport à la Cour suprême, la Commission souligne que «des efforts considérables sont faits par des pasteurs et d’autres catégories de personnes, qui approchent au moyen d’intermédiaires les régions sources où ils recueillent des enfants qui leur permettront d’obtenir soit un soutien financier de la part d’Eglises dans le pays, soit des dons de l’étranger.»

Le rapport est intervenu après une visite à Kanyakumari du secrétaire général de la Commission nationale, B. K. Sahu, afin d’enquêter sur des plaintes déposées à la Cour suprême de l’Inde, selon lesquelles des pasteurs et des travailleurs sociaux chrétiens s’adonnaient à un trafic d’enfants originaire des régions pauvres du nord-est de l’Inde, qui étaient placés dans des orphelinats et des auberges du sud de l’Inde afin de solliciter des dons internationaux.

«La raison principale pour laquelle les enfants étaient envoyés par les parents dans des endroits aussi éloignés est qu’ils espèrent pour leurs enfants une éducation de qualité qui n’est pas disponible là où ils se trouvent», a indiqué la Commission. La Commission a en outre mentionné le fait que comme certaines familles pauvres luttent pour la survie, les parents laissent leurs jeunes enfants se faire emporter dans des orphelinats situés à plus de 2500 km dans les Etats du sud.

«Le problème est bien pire que nous l’avions imaginé au début», a déclaré B. K. Sahu. «Maintenant nous attendons de nouveaux ordres de la part de la Cour suprême pour rendre publiques nos conclusions et pour lancer de nouvelles interventions.»

Par ailleurs, Mathews Ashok Philip, directeur de la Cellule de l’Inde du Sud pour l’éducation et la surveillance en matière de droits de la personne (SICHREM), a déclaré qu’outre certains chrétiens, des groupes nationalistes hindous font également un trafic d’enfants depuis le nord-est vers les régions côtières situées à proximité de Mangalore. (apic/eni/aa/amc)

8 décembre 2010 | 17:51
par webmaster@kath.ch
Partagez!