Mozambique: 10 morts dans les émeutes contre la vie des hausses de prix sur les denrées

L’archevêque de Maputo appelle au calme et encourage à prier pour le pays

Maputo, 6 Septembre 2010 (Apic) Mgr Francisco Chimoio, archevêque de Maputo, au Mozambique, a lancé un appel au calme, à la suite des violentes manifestations contre la hausse des denrées alimentaires de première nécessité qui secouent le pays depuis mercredi 1er septembre 2010.

Selon le gouvernement, dix personnes ont été tuées et environ 450 autres ont été blessées pendant les trois jours d’émeutes dans le pays, les 1er, 2 et 3 septembre.

Le Service d’information catholique pour l’Afrique (CISA), citant l’agence FIDES, a rapporté que Mgr Chimoio a demandé aux fidèles chrétiens, de prier pour le pays.

Le pain 30% plus cher

Les troubles contre la vie chère ont éclaté dans les quartiers pauvres de Maputo, après l’annonce, par le gouvernement, d’une augmentation de 30% sur le prix du pain, suivie par des augmentations similaires des prix l’électricité et de l’eau.

Malgré les émeutes qui se sont limitées à Maputo, la capitale et à Beira, la seconde ville du pays, le gouvernement a annoncé qu’il ne reviendrait pas sur cette mesure qu’il a estimée « irrévocable ».

Aujourd’hui, 6 septembre, il a renforcé les mesures de sécurité. La police a été déployée dans les faubourgs pauvres de Maputo, prête à étouffer toute reprise de la révolte populaire, a relayé l’Agence France presse (AFP).

« Nous avons déployé toutes nos forces sur le terrain afin de contrôler la situation aussi rapidement que possible » en cas de débordement, a déclaré le porte-parole de la police de Maputo, Arnaldo Chefo.

Après trois jours de violences, le week-end a été calme. « Il n’y a eu aucun incident en dépit des rumeurs selon lesquelles les gens descendraient de nouveau dans la rue », a indiqué Arnaldo Chefo.

Flambée des prix due à la dépréciation de la devise nationale

De nombreux habitants de Maputo ont profité de ce répit pour acheter des biens de première nécessité, afin de se prémunir contre une nouvelle paralysie de la ville.

Les prix ont flambé ces derniers mois, notamment en raison de la dépréciation de la devise nationale dans un pays très dépendant des importations.

En 2008, six personnes avaient été tuées lors d’émeutes contre la hausse des prix des taxis collectifs.

Ancienne colonie du Portugal devenu indépendant en 1976, le Mozambique compte 23 millions d’habitants dont les 65% vivent en dessous du seuil de pauvreté. Cette situation est due à la longue période de guerre civile qui a ravagé le pays, entre 1976 et 1992. Depuis, il tente de se redresser, grâce aux soutiens des partenaires économiques, dont la Banque mondiale et le fonds monétaire international, connus pour imposer aux Etats, des mesures économiques draconiennes, aux prix de révoltes de leurs populations. (apic/ibc/js)

6 septembre 2010 | 14:16
par webmaster@kath.ch
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