Suisse : Les salaires des managers continuent à augmenter
L’écart entre riches et pauvres toujours plus grand
Berne, 23 juin 2014 (Apic) L’écart entre les plus hauts et les plus bas salaires a continué à augmenter en 2013 en Suisse. L’acceptation par le peuple, en mars 2013, de l’initiative ›contre les rémunérations abusives’ n’a pas eu d’impact sur le salaire des managers, déplore le 23 juin 2014 le syndicat Travail.Suisse. Les directeurs généraux de onze entreprises gagnent des salaires supérieurs à 5 millions de francs.
La dixième édition de l’analyse de Travail.Suisse montre qu’en 2013, l’écart salarial des directions de groupes de 18 entreprises s’est creusé dans des proportions que l’on n’avait plus vues depuis 2008, l’année de la crise financière. Les entreprises Roche, Novartis, Nestlé, UBS et Lindt&Sprüngli sortent toujours du lot, avec un écart des salaires de 1 à 200. Avec le Crédit Suisse, ABB, Swatch, Zurich, Oerlikon et Clariant, elles sont onze entreprises à payer leur directeur général plus de 5 millions de francs suisses.
Le développement des rémunérations de la «deuxième garde», c’est-à-dire des autres membres de la direction des grands groupes helvétiques, est encore plus net. Ces membres profitent d’une forte croissance de leurs dédommagements dans 22 des 27 entreprises analysées. L’augmentation de l’écart entre les salaires depuis 2010, est de 1:78 à 1:101 chez ABB, de 1:25 à 1:47 chez Lonza, de 1:33 à 1:41, chez Kuoni et de 1:24 à 1:30 chez Implenia.
L’initiative contre les rémunérations abusives n’a aucun impact
L’initiative contre les rémunérations abusives n’a eu aucun impact, analyse Travail.Suisse. L’initiative 1:12, plus radicale, a elle été largement refusé par le peuple suisse de même que celle pour un salaire minimal. Pour le syndicat, il faut donc trouver de nouvelles voies pour limiter les écarts entre les salaires.
Travail. Suisse demande de renforcer la protection salariale, afin que les salariés ne craignent pas de perdre leur emploi ni de subir un dumping salarial. Il faut en outre en finir avec une politique fiscale trop avantageuse pour les revenus élevés et les entreprises: Les allègements fiscaux des dernières années bénéficient en premier lieu aux riches. En outre des cadeaux fiscaux massifs sont à nouveau prévus pour les entreprises avec la réforme fiscale des entreprises III. Travail.Suisse demande qu’en conséquence les salaires supérieurs à 500’000 francs soient soumis à une contribution de solidarité supplémentaire. (apic/mp)




