Australie: Le diocèse de Melbourne suspend un prêtre accusé d'abus sexuels

L’Eglise accusée d’avoir acheté le silence de la victime

Melbourne, 20 août 2014 (Apic) Le diocèse catholique de Melbourne, au sud-est de l’Australie, a suspendu un prêtre accusé d’avoir sexuellement abusé d’une jeune fille mineure dans les années 1980, rapporte le 18 août 2014 le quotidien australien «The Age». L’Eglise est, de son côté, accusée d’avoir acheté le silence de la victime. L’institution nie cependant que le dédommagement versé ait été lié au refus de la jeune fille de coopérer avec la police.

Le prêtre suspendu est le Père Mato Krizanac, âgé de 60 ans, originaire de Bosnie-Herzégovine, oeuvrant pour la communauté croate de Melbourne. L’ecclésiastique a fait l’objet d’une enquête interne de l’Eglise de 12 mois. Mgr Denis Hart, archevêque de Melbourne, a indiqué en juin dernier au Père Krizanac qu’il était, de façon permanente, suspendu de tout ministère sacerdotal.

Un porte-parole de l’archidiocèse a confirmé que les accusations contre le prêtre bosniaque ont été transférées à la police en avril 2013.

La présumée victime a bénéficié d’un règlement financier avec l’Eglise, mais a refusé de collaborer avec la police, incapable de ce fait d’enquêter sur son cas. L’archidiocèse australien a assuré que les dédommagements versés n’étaient assujettis à aucune clause de confidentialité.

D’autres accusations ont déjà pesé sur le prêtre

Des proches du prêtre accusent l’Eglise de se livrer à une ‘vendetta’ contre lui, essayant de «vider les tiroirs», avant que la Commission d’enquête du gouvernement sur les abus sexuels ne le fasse. Ils reprochent à la hiérarchie ecclésiastique d’avoir effectivement acheté le silence de la victime, privant ainsi le Père Krizanac d’un procès équitable. Le prêtre se déclare toujours innocent des griefs portés contre lui.

Le Bosniaque a déjà fait l’objet d’autres accusations par le passé, notamment de détournement de fonds. Au début des années 1990, il avait été arrêté à l’aéroport alors qu’il s’apprêtait à s’envoler vers l’ex-Yougoslavie avec plusieurs centaines de milliers de dollars non déclarés dans ses bagages. La police avait finalement accepté son explication selon laquelle l’argent était destiné à des œuvres humanitaires dans une Bosnie alors déchirée par la guerre.

Canberra mène, depuis avril 2013, une enquête publique concernant les abus sexuels sur mineurs dans les institutions religieuses, associatives ou publiques du pays. La Commission royale d’enquête doit auditionner 5’000 victimes présumées. Elle examinera principalement la façon dont les organismes ont réagi aux soupçons d’abus. (apic/ag/rz)

20 août 2014 | 16:07
par webmaster@kath.ch
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