L'Eglise apporte une valeur ajoutée à l'économie
Série Apic «Bâtisseurs de ponts» (3)
Christoph Balmer dirige le Forum «Eglise et Economie» à Zoug
Zoug, 4 juin 2014 (Apic) Christoph Balmer, responsable du Forum «Eglise et Economie» à Baar (Zoug), aime faire se rencontrer les personnes qui n’auraient sans doute jamais l’occasion d’entrer en dialogue.
Fondamentalement, l’Eglise et l’économie ne jouent pas dans les mêmes registres, pourrait-on penser. Et c’est peut-être même le cas. Mais cela n’inquiète pas Christoph Balmer, responsable du Forum «Eglise et Economie», financé par la corporation ecclésiastique catholique du canton de Zoug. Au contraire, ça l’encourage encore et toujours à tisser des liens, afin de faire se rencontrer autour d’une même table des représentantes et des représentants des domaines les plus différents.
Christoph Balmer est une aubaine pour l’Eglise. L’ancien entrepreneur dans le domaine du livre dit de lui-même: «Oui, je suis vraiment un bâtisseur de ponts. J’ai toujours cherché à élaborer des solutions communes. Avec beaucoup de réussite. Lorsque l’on dirige un groupement économique comme je l’ai fait, on doit être un élément intégrateur. Egalement dans mes activités bénévoles – je suis depuis presque 20 ans président de la communauté d’intérêt culturel – cette construction de ponts est un élément important. Je n’en étais pas aussi conscient jusqu’à ce que vous m’ayez posé la question. C’est probablement un don qui m’a été confié».
En plus de ce don, un autre élément aide beaucoup le responsable du Forum «Eglise et Economie»: Christoph Balmer connaît le monde de l’économie. Lorsqu’il s’adresse à des partenaires dans le milieu des personnalités de haut vol, il est considéré comme un des leurs. «Mon expérience montre que, fondamentalement, les portes sont ouvertes. Naturellement, je dois chaque fois expliquer ce qu’est le Forum «Eglise et Economie». Et alors, la plupart des personnes abordées trouvent cela passionnant. A la suite de la crise économique et après les grandes discussions sur les fraudes, beaucoup d’entrepreneurs ont commencé à se demander s’ils ne devaient peut-être pas changer quelque chose. A partir de là, nous pouvons nous engager avec notre proposition de dialogue.»
Au début, c’est plutôt dans les rangs de l’Eglise qu’il a fallu surmonter des résistances. Là également, Christoph Balmer a pu vaincre les peurs.
Rassembler des gens qui ne seraient jamais en dialogue
Pour lui, il ne fait aucun doute que l’Eglise doit, dans un centre économique et financier comme Zoug, apporter sa valeur ajoutée. «J’ai plaisir à rassembler des personnes qui, sinon, n’entreraient jamais en dialogue, comme par exemple le Père Abbé d’Einsiedeln de l’époque Martin Werlen, le directeur de l’UBS Oswald Grübel et le spécialiste de Reputation Management Bernhard Bauhofer». Que de tels événements, comme celui sur le thème «Argent. Foi. Réputation. Qui est actuellement digne de confiance?» ont pu attirer facilement 270 personnes intéressées, cela parle en faveur du concept de la série d’entretiens «Economie et Valeurs».
Christoph Balmer ne craint pas d’empoigner également des thèmes politiques sensibles comme, l’an dernier, «La branche des matières premières dans le canton de Zoug, entre profit et responsabilité». Une pointe de fierté apparaît, lorsque il peut rassembler autour d’une même table, lors du prochain événement le 24 juin 2014, Michael Fahrbach, de GlencoreXstrata, Willi Graf, de la Direction du développement et de la coopération (DDC), et Peter Niggli, d’Alliance Sud, la communauté de travail des oeuvres d’entraide suisses pour le développement, sur le thème «Développement ou coopération au développement?»
Attacher de l’importance aux tonalités intermédiaires
C’est grâce à sa capacité de créer des liens que Christoph Balmer parvient depuis longtemps à soigner les contacts. Et il peut faire peser de tout son poids sa droiture, ainsi que sa réputation de ne pas penser uniquement en noir ou en blanc, mais d’attacher de l’importance aux tonalités intermédiaires et à une image différenciée. Lors des discussions en forum, personne n’est voué aux gémonies. L’ouverture marque le ton. S’écouter mutuellement et découvrir la pensée de l’autre deviennent primordiaux. Voilà le style de Christoph Balmer et les qualités de bâtisseur de ponts qui font effet.
A côté des grands événements, le projet «L’économie en direct» connaît aussi un véritable succès. «Je réalise des rencontres entre une entreprise locale, les collaborateurs et les membres des autorités de l’Eglise. Ainsi, après différentes autres paroisses, environ une vingtaine de gens d’Eglise viendront bientôt visiter l’entreprise Sand AG, qui fabrique du sable et d’autres matériaux à Neuheim. Ils pourront voir les carrières et entendre tout ce qu’elle réalise en dehors des activités quotidiennes. Puis, le domaine «Ecologie / Destruction / Matériaux» sera mis en lumière d’un point de vue théologique.
Chistoph Balmer reçoit toujours des réactions très positives de ces rencontres, des deux côtés. «L’expérience montre que ces discussions sont importantes et, en particulier, qu’on a toujours quelque chose à se dire mutuellement. Et cela a des effets sur les rencontres dans la vie de tous les jours, dans la rue …» La durabilité: c’est justement ce à quoi il aspire et ce qui le réjouit.
Encadré 1:
Le Forum zougois «Eglise et Economie», à Baar, cherche à analyser les valeurs éthiques et les aspects légaux de l’économie, pour y apporter un éclairage nouveau. Il propose des rencontres avec des conférences, des temps de discussion, des conseils et des offres de formation.
(Site internet: http://www.forum-kirchewirtschaft.ch/ )
Encadré 2:
De tout temps, des gens se sont engagés pour bâtir des ponts: entre les personnes, mais aussi entre les confessions, religions, générations, races, langues ou entre différents milieux. Ces bâtisseurs de ponts peuvent réussir, mais il arrive que leur entreprise soit difficile, pénible, épuisante ou même compromise. La série d’été 2014 de l’Apic/Kipa donne la parole à des femmes et des hommes qui bâtissent des ponts dans différents domaines.
Indication aux rédactions: Des images illustrant cet article peuvent être commandées à la rédaction alémanique de l’Apic/Kipa: kipa@kipa-apic.ch. Prix pour diffusion: 80 frs la première image, 60 frs les suivantes.
(apic/re/bb)



