«L’Eglise bat de l’aile, mais elle n’a pas fini de voler»

Rome: Interview du cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne

Rome, 25 octobre 2012 (Apic) L’Eglise catholique traverse une période difficile et bat de l’aile, assure le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, mais elle n’a «pas fini de voler». L’agence I.MEDIA l’a rencontré à l’occasion du synode des évêques sur la nouvelle évangélisation à Rome. Interview.

Q.: Le synode des évêques sur la nouvelle évangélisation a commencé avec des interventions pessimistes. Il semble que les Pères synodaux veuillent désormais insister sur l’importance d’un nouvel élan… Qu’en est-il?

Cardinal Christoph Schönborn: Je ne pense pas que les catégories de lecture se divisent entre pessimisme et optimisme. Nous portons un regard sur les faits avec le réalisme de la foi. Certes, la situation est difficile, que ce soit en Occident ou dans les pays où l’Eglise souffre, mais le Seigneur nous accompagne. Il y a des miracles de conversion, des grâces, la naissance de réalités nouvelles, l’activité des paroisses et des communautés religieuses. En définitive, l’Eglise bat de l’aile, mais elle n’a pas fini de voler.

Q.: Des Pères synodaux ont demandé la création d’un ministère institué pour les laïcs, les catéchistes en particulier. Il semble que cela ne se traduise pas dans les propositions. Dès lors, quelle place accorder aux laïcs dans la nouvelle évangélisation?

C.S.: J’ai été frappé par l’intervention d’un évêque d’Amérique latine, qui a souligné qu’il y avait dans son diocèse 2’000 catéchistes laïcs. On ne peut donc pas dire que les laïcs n’ont pas toute leur place dans la tâche évangélisatrice de l’Eglise. Dans de très nombreux pays, en Asie et en Afrique notamment, l’Eglise ne pourrait pas vivre sans une collaboration intense et étroite entre clergé et laïcs. Dans les pays occidentaux, quand on pense à l’engagement au sein de l’Eglise, on pense automatiquement au sacerdoce, alors que le synode a justement insisté sur l’apport des laïcs dans la nouvelle évangélisation. Le pape aussi en a parlé dans sa méditation au premier jour du synode, de même qu’il a insisté sur le rôle primordial de la famille dans la transmission de la foi et dans le témoignage chrétien.

Q.: Que répondriez-vous à ceux qui disent qu’il y a eu beaucoup de mots mais peu de contenu pendant ce synode, que rien de nouveau n’a été dit?

C.S.: Quand plus de 200 évêques du monde entier se réunissent, avec de si nombreuses expériences, c’est un moment d’Eglise éprouvant, car laborieux, mais passionnant. Evidemment, il n’en sort pas d’emblée un discours unifié. Certes, le document final sera très général, car il est le reflet d’expériences très diverses. Je crois que les fruits de ce synode ne seront pas sur le papier, mais qu’ils passeront par ce que nous emportons dans notre cœur, afin de le porter dans nos communautés et dans nos diocèses. Pour ma part, je suis arrivé à Rome en pensant à tout ce que je laissais en suspens dans mon diocèse. Après trois semaines de communion et de fraternité, je suis conforté dans ma foi, animé d’un nouveau souffle, et je remercie vraiment le pape de m’avoir nommé pour ce synode. (apic/imedia/mm/ggc)

25 octobre 2012 | 11:45
par webmaster@kath.ch
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