Genève: L’abbé Olivier Jelen déterminé à promouvoir le respect du règne animal
L’Eglise catholique s’enferme dans un silence complice
Meinier, 2 mars 2010 (Apic) A quelques jours de la votation sur les animaux, l’abbé Olivier Jelen, président fondateur de la Fraternité sacerdotale internationale pour le respect de l’animal, se dit inquiet de l’avenir des bêtes, aussi bien en Suisse que dans le reste du monde. S’il a déjà glissé son bulletin de vote dans l’urne pour exprimer son oui, il ne se fait pas d’illusions sur le verdict populaire qui ne devrait pas être favorable à l’institutionnalisation des avocats pour animaux. Mais cela ne l’empêche pas de continuer à se battre contre la souffrance infligée aux animaux, espérant qu’un jour, leur bien-être soit une réalité.
S’il y avait des animaux capables de discernement pour fuir la maltraitance de leur maître, un refuge leur serait ouvert à la cure de Meinier à Genève, où l’abbé Olivier Jelen ne vit qu’avec Amandine, sa chienne âgée d’un peu plus d’une année. Curé à la paroisse de Meinier-Gy-Jussy Saint-Pierre et Saint-Paul, il marche sur les traces de ceux qui, dans la vie, ont voué un amour à nos amies les bêtes. Au sein de l’Eglise, il cite fréquemment Benoît XVI et son prédécesseur Jean Paul II dont il reconnaît l’ouverture à l’harmonie avec la création. D’après L’abbé Jelen, Josef Ratzinger, que certains qualifient de pape vert, a bien fait de publier, en janvier dernier, son message intitulé «Si tu veux la paix, protège la création». «Il appelle à une conversion de modèle du développement global selon une orientation plus respectueuse de la création», commente notre interlocuteur dans un éditorial publié dans le dernier numéro du bulletin paroissial. Quant à Jean Paul II, il le considère comme un visionnaire et rappelle que c’est lui qui proclama en 1979, Saint-François d’Assise «patron céleste des écologistes».
S’il apprécie que le Saint-Siège se soit officiellement déclaré favorable à la cause animale, l’abbé Jelen déplore le silence complice de son diocèse comme celui du reste de l’Eglise catholique suisse d’ailleurs. «Les autorités ne soutiennent pas notre Fraternité», constate-t-il amèrement. Comment voudrait-il que son diocèse, par exemple, le soutienne? «En organisant beaucoup de messes de bénédiction pour animaux», répond-t-il. «Pour le moment, dit-il, nous nous sentons ignorés par nos supérieurs qui focalisent leur attention sur d’autres aspects de l’Eglise», regrette cet historien qui hérite l’amitié avec l’animal de son grand-père.
Familiariser les jeunes avec les droits des animaux
Face à une Eglise suisse peu sensible à sa démarche, la Fraternité ne baisse pas les bras. Forte de trois prêtres établis à Genève et d’une trentaine de religieuses, elle attire aussi de nombreux laïcs voués à la protection des animaux. C’est ainsi que l’abbé Jelen veut passer à une vitesse supérieure. «Je suis conscient que la Suisse avance à petit pas. Le droit de vote des femmes qui ne date que de 1972, a attendu des années et des années pour être inscrite dans la Constitution. Si les femmes n’avaient pas lutté jusqu’au bout, elles seraient encore en dehors du cercle électoral même en 2010», note le curé. Pour lui l’important est de ne pas se décourager, quelle que soit le résultat des votations du 7 mars qui ne devrait plaider qu’en défaveur de faune.
Convaincu que les jeunes pourraient servir de relève aux objectifs de la Fraternité, l’abbé Jelen dit leur réserver une attention particulière. Ces dernières années, son organisation les a rejoints à travers de grandes manifestations. «Les jeunes ont manifesté un grand intérêt pour nos conférences aux JMJ de Sydney. Nous serons avec eux à celles de Madrid en 2011», confie-t-il, estimant qu’il faut les familiariser avec les droits des animaux.
Encadré
Des maisons de retraite pour les chevaux
La Fraternité sacerdotale internationale pour le respect de l’animal part du constat que l’animal n’occupe plus la place que Dieu lui a accordé, notamment dans les textes fondamentaux du judaïsme et du christianisme. Dans ses objectifs, elle veut soutenir, au niveau des actions concrètes, des projets déjà existants, telles des associations et des sociétés de protection animale, des maisons de retraites pour animaux. Ainsi, elle soutient financièrement des «maisons de retraite pour chevaux» car pour ses membres, il n’est pas acceptable, qu’ayant servi fidèlement l’homme pendant de nombreuses années, ils soient tués.
Elle recommande à ses membres un jeûne annuel, par exemple le 16 août, jour de la St Roch, en solidarité avec la souffrance animale. Au niveau scientifique, elle est favorable à la recherche éthique et théologique pour la création d’une «nouvelle morale» incluant aussi les animaux. Elle s’appuierait entre autres sur des philosophes tels Théodore Monod et Albert Schweitzer, grands défenseurs de la cause animale.
Plus de renseignements : www.animal-respect-catholique.org
Note: Une photo de l’abbé Jelen peut être commandée à l’Apic. Prix pour diffusion: 80 frs.
(apic/dng/bb)



