L'Eglise de Jérusalem accusée de «discriminer» ses clercs et fidèles d'origine arabe

Jérusalem: Fronde des orthodoxes arabes face à une Eglise aux mains des Grecs

Jérusalem, 7 août 2014 (Apic) La politique de l’Eglise de Jérusalem, dirigée par les Grecs, est «discriminatoire» envers ses clercs et fidèles d’origine arabe, dénonce l’archevêque Théodose de Sébaste (Atallah Hanna), du Patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem. Mgr Atallah Hanna, originaire de Rameh, en Haute-Galilée, est un ardent défenseur de la cause palestinienne et du dialogue avec les musulmans.

Les prélats arabes du Patriarcat de Jérusalem ont entrepris un «mouvement de correction» ayant pour objectif de faire respecter, au sein de leur Eglise, «les droits légitimes» des clercs et des communautés orthodoxes arabes.

Les prélats arabes déplorent une «domination raciste» sur leur Eglise

Ils déplorent une «domination raciste» sur leur Eglise et le fait que depuis un demi millénaire, l’Eglise orthodoxe, qui est l’»Eglise mère» de Jérusalem, ne fait que décliner. Il y a encore un siècle, l’Eglise orthodoxe était la première en nombre et la plus influente dans le pays, mais maintenant la communauté se réduit dramatiquement, notamment en raison de la marginalisation des fidèles orthodoxes arabes. «En raison des pratiques de la direction de l’Eglise, leur nombre aujourd’hui n’atteint même plus la moitié de l’ensemble des chrétiens» dans le pays.

Pour sa part, l’archimandrite Khristophoros Atallah a dénoncé «un plan orchestré» pour vider le Moyen-Orient de ses citoyens chrétiens. Désireux d’inverser la tendance vers le déclin, les prélats arabes ont fait connaître leurs objectifs lors d’une réunion de plus de 700 membres de la communauté orthodoxe le 24 juillet dernier au Club orthodoxe à Jérusalem. Ils ont annoncé un «mouvement de correction» ayant pour objectif de faire respecter au sein de leur Eglise «les droits légitimes» des clercs et des communautés orthodoxes arabes.

«Nous refusons qu’un étranger nous gouverne»

Selon le quotidien jordanien «Jordan Times», édité à Amman, Mgr Atallah Hanna, ainsi que les archimandrites Khristophoros Atallah, Athanase Kakish et Meletios Bassal, basés à Jérusalem, dénoncent la mainmise de l’administration grecque sur le Patriarcat de Jérusalem. «Nous refusons qu’un étranger nous gouverne, quel que soit son titre religieux, aussi fortement que nous rejetons l’occupation israélienne», a déclaré Mgr Atallah Hanna au «Jordan Times».

Mettant en avant certaines des pratiques de l’administration grecque que le «mouvement de correction» entend changer, l’archimandrite Bassal souligne que l’Eglise orthodoxe est certes propriétaire d’un tiers de la terre historique de la Palestine, «mais, toutefois, nous n’avons pas d’écoles confessionnelles, pas d’université, ni de foyers, ni d’hôpitaux». Et d’ajouter que les établissements d’enseignement existants sont «inefficaces».

Dans son adresse à l’assemblée réunie au Club orthodoxe, l’archevêque Hanna a déploré la politique de l’Eglise de Jérusalem, qu’il qualifie de «discriminatoire» envers les leaders religieux orthodoxes arabes. Tant lui-même que les autres responsables religieux refusent cette situation autant qu’ils rejettent la politique sioniste en Palestine et celle des extrémistes de l’Etat islamique, qui ont récemment déraciné toute la communauté chrétienne de Mossoul, en Irak.

Les responsables religieux arabes exigent depuis des années que l’Eglise nomme des Arabes à des positions dirigeantes en Palestine et Jordanie afin qu’ils puissent servir leur communauté et aider à maintenir les chrétiens orthodoxes dans leur pays en créant des institutions chargées de cette mission. (apic/jordantimes/be)

7 août 2014 | 09:13
par webmaster@kath.ch
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