L’Eglise en Amérique doit faire preuve d’audace

Rome : L’archevêque de Québec au Congrès international «Ecclesia in America» du 9 au 12 décembre

Rome, 11 décembre 2012 (Apic) Pour Mgr Cyprien Lacroix, archevêque de Québec au Canada, l’Eglise doit faire preuve d’audace pour proposer son message, sans l’imposer face aux changements en cours sur le continent américain. L’agence I.Media a interrogé Mgr Lacroix à l’occasion du Congrès international «Ecclesia in America», qui se tient au Vatican du 9 au 12 décembre 2012 .

Quel est l’objectif de cette rencontre qui rassemble à Rome près de 250 personnes pour parler de l’Eglise en Amérique ?

Mgr Cyprien Lacroix : 15 ans après l’Exhortation apostolique Ecclesia in America, la Commission pontificale pour l’Amérique latine, en collaboration avec d’autres institutions, a estimé qu’il serait bon de faire le point sur la situation de l’Eglise continentale, pour voir où nous en sommes et vers où nous allons. Le monde évolue tellement rapidement, la culture, la mondialisation… Tant de choses bougent. Il faut donc s’arrêter, observer l’état des choses pour mieux poursuivre notre route, en insistant sur la centralité du Christ. C’est d’ailleurs ce qui est revenu dans le discours de Benoît XVI en introduction de notre rencontre.

Q.: Qu’est-ce qui a changé en 15 ans pour l’Amérique ?

C.L. : En regardant le document Ecclesia in America, je me suis rendu compte qu’on en était juste au début de l’application concrète de ce qui était proposé dans l’Exhortation apostolique de Jean-Paul II. Le temps a passé, mais quelle est notre réponse aujourd’hui aux défis de l’actualité ? Les tendances esquissées il y a 15 ans sont les mêmes, mais il nous faut toujours actualiser nos réponses.

Q. : Des changements politiques importants ont eu lieu au cours des dernières années. Des changements de gouvernement en Amérique latine, les ouvertures voulues par Barack Obama dans les domaines des mœurs et de la famille…

C.L. : L’Eglise vit sa mission au cœur de la réalité humaine et de l’histoire, on ne peut pas faire fi de ce qui se passe autour de nous. Dans nos sociétés, on semble voir une accentuation de certains choix qui ne vont pas dans le sens de la vie et de l’humanité. Sans nommer des choses précises, on le voit dans chacun de nos pays. Il faut avoir l’audace de proposer celui qui peut nous offrir la vie et la vie en abondance. J’ai été agréablement surpris par l’importance de l’inculturation dans plusieurs interventions. C’est le témoignage de Notre-Dame de Guadalupe, qui a pris les traits d’une femme métisse. On n’arrive pas avec l’Evangile pour le plaquer sur une culture, mais on vient au contraire s’insérer dans la vie. Dès lors, la question est de savoir comment entrer en dialogue avec les gens et présenter le Christ pour qu’ils disent : ›C’est la libération que nous attendions !’ L’Eglise n’a rien à imposer, mais doit proposer. (apic/imedia/mm/mp)

11 décembre 2012 | 12:06
par webmaster@kath.ch
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