Rome: Les évêques français entament le 20 septembre leur visite Ad limina

L’Eglise fait entendre sa voix dans les débats éthiques et sociaux

Rome, 19 septembre 2012 (Apic) Près de 9 ans après leur dernière visite Ad limina, les évêques français commencent une nouvelle série au Vatican. Leurs rencontres s’étaleront du 20 septembre au 3 décembre, en 3 groupes successifs. Cette visite survient alors que la France est en plein débat sur le mariage entre personnes du même sexe ou la légalisation de l’euthanasie, et que l’Eglise fait entendre sa voix.

Le premier groupe (provinces de Rouen, Rennes, Poitiers, Tours et Bordeaux), emmené par le cardinal Jean-Pierre Ricard, sera à Rome du 20 au 29 septembre. Après une messe de la délégation à l’autel de la tombe de saint Pierre le 20 à l’aube, la province de Rouen sera la première à rencontrer le pape dans la matinée. La délégation entamera ensuite des visites, ensemble ou par petits groupes, dans les différents dicastères de la curie, jusqu’au 29.

Le 2e groupe (provinces de Lille, Reims, Paris, Besançon et Dijon, emmenées par le cardinal André Vingt-Trois), se déplacera à Rome du 12 au 22 novembre, et enfin le 3e groupe (provinces de Clermont, Lyon, Marseille, Montpellier et Toulouse, emmenées par le cardinal Philippe Barbarin) du 23 novembre au 3 décembre. Ces deux visites interviendront après l’Assemblée plénière de l’épiscopat, à Lourdes, du 3 au 9 novembre.

Les évêques du diocèse aux armées et de celui des catholiques des Eglises orientales résidant en France seront également présents. En revanche, les évêques des Dom-Tom dépendent d’autres conférences épiscopales.

Le pape recevra les évêques français par provinces puis en 3 grandes délégations. Lors de chaque rencontre – le 22 septembre, le 17 novembre et le 26 novembre – Benoît XVI et le cardinal qui préside la délégation prononceront un discours. Les 3 discours du pape sont particulièrement attendus

Messe sur les tombeaux de saint Pierre et de saint Paul

La visite de chaque délégation est marquée par une messe célébrée sur les tombeaux de saint Pierre et de saint Paul, ainsi que dans les autres basiliques majeures. Ad limina apostolorum signifie ainsi «au seuil des apôtres». Cette visite a théoriquement lieu tous les 5 ans, et permet à tout évêque catholique d’évoquer la situation de son diocèse avec le pape et ses collaborateurs. La dernière visite Ad limina de l’épiscopat français remonte cependant au pontificat de Jean-Paul II (1978-2005), entre novembre 2003 et février 2004.

Pour les évêques, cette visite permet de faire le tour des différents dicastères, de rencontrer les membres de la curie mais aussi d’avoir des contacts avec l’ambassade de France près la Saint-Siège. En amont, les évêques sont invités à envoyer à Rome un rapport détaillé sur la situation de leur diocèse. Collectées par la Congrégation pour les évêques, ces informations sont ensuite transmises aux différents dicastères, selon leurs compétences. Le dicastère en charge des évêques planifie ensuite avec précision les différents rendez-vous de chaque groupe dans la curie.

L’Eglise française monte au créneau

C’est dans un contexte particulier que les évêques français se rendent à Rome, alors qu’ils font en ce moment entendre leur voix de façon particulièrement audible sur des sujets sociétaux revenus dans le débat depuis l’arrivée d’un président socialiste à l’Elysée.

Elu au mois de mai dernier, François Hollande a manifesté son intention de légaliser l’euthanasie et le mariage entre personnes du même sexe. Les évêques n’ont pas manqué de réagir sur ces deux sujets, suscitant l’intérêt des médias.

Pour la fête de l’assomption, le 15 août dernier, le président de la Conférence des évêques de France, le cardinal André Vingt-Trois, avait invité toutes les paroisses à réciter une prière demandant notamment que tous les enfants puissent bénéficier d’un père et d’une mère. Cette initiative a été à l’origine d’un ample débat en France, certains y voyant une ingérence de l’Eglise, d’autres au contraire lui reconnaissant un droit certain à s’exprimer sur une question dont les enjeux sociétaux sont importants.

Les évêques français sont ainsi montés au créneau pour dénoncer ce qu’ils considèrent être une «rupture de civilisation». C’est ce qu’avait notamment déclaré le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, dans des interviews accordées à plusieurs quotidiens français. Il n’a de cesse, depuis, d’expliquer la position de l’Eglise. Quant à l’évêque de Fréjus-Toulon, Mgr Dominique Rey, il a appelé de ses vœux un référendum sur la question du ›mariage gay’. (apic/imedia/mm/ami/bb)

19 septembre 2012 | 15:29
par webmaster@kath.ch
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