L’Eglise: Partenaire consentant» dans l’oppression des Amérindiens
Etats-Unis: Un Amérindien demande aux Eglises une commission sur la vérité
Grand Rapids, Michigan, 24 juin 2010 (Apic) Un chef amérindien a mis en demeure la Communion mondiale d’Eglises réformées (CMER) de créer une commission de vérité et de réconciliation afin de réparer certaines injustices, notamment l’utilisation du christianisme sur les populations autochtones pour renforcer l’assimilation culturelle.
Richard Twiss, membre de la tribu sioux Rosebud/Lakota, a déclaré que l’Eglise avait été «un partenaire consentant» dans l’oppression des Amérindiens.
Au début du 15e siècle, le nombre d’Amérindiens atteignait les 50 millions mais en 1895 ils n’étaient plus que 230’000, à cause des guerres et des maladies, a affirmé Richard Tweiss le 22 juin. Il s’exprimait à l’occasion de l’Assemblée de la Fondation de la CMER, à Grand Rapids, dans l’Etat du Michigan.
«C’est l’un des pires exemples de génocide et de nettoyage ethnique, et il s’est produit ici même, aux Etats-Unis, une nation qui a pour devise: ’In God we trust’ – Nous croyons en Dieu», a souligné Richard Twiss, qui est le président de Wiconi International, une organisation soutenant le ministère chrétien dans les communautés autochtones dans les Amériques.
Culture à respecter
Outre l’oppression physique subie par les Amérindiens et les populations autochtones, le christianisme et la mission chrétienne ont été utilisés pour renforcer l’assimilation culturelle en dépossédant ces gens de leurs propres traditions et culture, a affirmé Richard Twiss.
«Ici, aux Etats-Unis, notre objectif est de reprendre la théologie aux cowboys. Les cowboys ont la mainmise sur le langage des cieux depuis très longtemps», a-t-il indiqué.
Les Amérindiens et les populations autochtones «ne participent pas sur un pied d’égalité à la vie, au travail et à la mission de l’Eglise en Amérique du Nord», a affirmé Richard Twiss. «On ne nous a jamais encouragés à replacer l’histoire de l’Evangile dans notre propre contexte.»
Selon Richard Twiss, une commission de vérité et de réconciliation est nécessaire pour réparer le détournement de l’Ecriture et la récupération de la Bible en tant qu’outil de colonialisme et d’impérialisme. Il a affirmé que l’accaparation des terres nord-américaines par les colons blancs a trouvé un fondement biblique dans le récit des Israélites conquérant la «Terre promise».
Avec 227 Eglises dans 108 pays, la CMER est issue de la fusion de l’Alliance réformée mondiale et du Conseil œcuménique réformé. (apic/eni/js)



