L’Eglise protestante de Genève «se porte bien»

Genève: On arrive à la fin de «l’aventure incroyable» du Jubilé Calvin

Genève, 13 novembre 2006 (Apic) «L’Eglise protestante de Genève va bien», a affirmé avec conviction sa présidente, Charlotte Kuffer, vendredi 13 novembre lors d’une conférence de presse. Cela alors qu’approche le terme de cette «aventure incroyable» du Jubilé Calvin, à l’occasion du 500ème anniversaire de la naissance du réformateur.

Charlotte Kuffer se dit frappée par le décalage entre la perception de certains et la réalité. Nouvelle présidente de l’Eglise protestante de Genève (EPG), Charlotte Kuffer manifeste un bel enthousiasme et insiste sur le fait que son Eglise va bien, malgré la nostalgie qu’éprouvent une partie des fidèles et même des pasteurs d’une «église au milieu du village».

L’Eglise va bien parce qu’elle s’adapte au contexte d’aujourd’hui

L’Eglise va bien parce qu’elle s’adapte au contexte d’aujourd’hui, marqué par la sécularisation et l’individualisme. «Certes, elle reste attentive aux besoins des protestants les plus âgés, mais elle expérimente aussi de nouveaux modes de présence, comme à l’Espace Fusterie». Avec ses 34 paroisses dans le canton, ses aumôneries hospitalières, ses consultations conjugales, elle montre une présence le plus souvent œcuménique, en particulier auprès des personnes fragilisées, malades, détenues (prison de Champ Dollon), réfugiées…

Sur le plan financier, l’Eglise protestante n’est pas trop mal lotie.

Même sur le plan financier, alors que d’autres pleurent misère, l’Eglise protestante n’est pas trop mal lotie. Elle s’est «réorganisée» en s’inspirant du monde de l’entreprise et elle est ainsi parvenue à rééquilibrer ses comptes. Elle a connu plusieurs exercices positifs et, depuis que la crise a frappé, elle parvient à contenir les baisses de recettes. «Nous n’avons pas trop d’inquiétudes», a souligné le trésorier, Michel Wellhauser. Cependant, l’âge moyen des donateurs est élevé et leurs enfants ne sont pas automatiquement disposés à prendre la relève. Il s’agit de les convaincre.

Le problème, admet Mme Kuffer, c’est qu’on dispose de moins de moyens qu’autrefois alors qu’il faut déployer bien plus d’efforts pour rejoindre la population. «Quand il suffisait d’envoyer une convocation pour constituer un groupe de catéchumènes, aujourd’hui on doit s’approcher des jeunes, un par un».

Des attentes dépassées

«Il y a trois ans, nous n’avions aucune idée de ce que pourrait être le Jubilé Calvin 09. Le résultat dépasse nos attentes», s’est réjouie Mme Kuffer. Cette «aventure incroyable» qui va bientôt s’achever a d’ailleurs largement débordé des frontières genevoises, même si l’Eglise protestante locale a reçu un grand nombre de délégations venues du monde entier.

Parmi les points positifs, Mme Kuffer a cité les échanges avec les milieux culturels et avec les médias. L’image rigide du réformateur s’est «assouplie», grâce à des modes de communications variés, incluant des spectacles qui ont remporté un beau succès. Succès qualitatif autant que quantitatif, a souligné le pasteur Roland Benz, cheville ouvrière de l’opération. On est aussi parvenu à montrer aux autorités politiques que ce Jubilé était un événement culturel, sans prosélytisme, ce qui leur a permis d’apporter un soutien «mesuré mais indispensable». Ainsi, Calvin 09 ne mettra-t-il pas en péril les finances de l’Eglise… MBA/JB

Encadré

Des comptes globalement positifs

Pour la quatrième année consécutive, les comptes globaux, ordinaires et extraordinaires, de l’EPG présentent un résultat positif, à savoir 2’571’205.– francs pour le dernier exercice, permettant ainsi aux fonds propres de l’EPG de se monter au 31 mars 2009 à 3’520’884.– francs. Ce résultat très satisfaisant acquis essentiellement grâce à la vente du temple de la Roseraie, inutilisé par l’EPG depuis plusieurs années, ce qui permettra la construction de logements, est obtenu au niveau des comptes extraordinaires.

Concernant les comptes ordinaires, le dernier exercice comptable de l’EPG présente un déficit de 758’172.– francs. Ce déficit est du principalement par la baisse des contributions ecclésiastiques et dons, baisse logique en période de crise économique sévère. Ces contributions et dons ne couvrent que 94.4% du total des dépenses ordinaires de 13’536’250.– de francs. (apic/com/mba/be)

13 novembre 2009 | 16:53
par webmaster@kath.ch
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