L’engagement des Etats à se donner des «moyens stables, efficaces et reconnus» dans leur recherche de la paix, est nécessaire pour l’obtention d’un équilibre de l’ordre international, et l’éradication du terrorisme, a déclaré le pape Jean

Le Saint-Siège, a dit le pape, ne ménage aucun effort» pour convaincre les responsables des Etats à renoncer à la violence et à la force.

«Les confessions chrétiennes et les grandes religions de l’humanité doivent collaborer entre elles pour éliminer les causes sociales et culturelles du terrorisme, en enseignant la grandeur et la dignité de la personne, et en favorisant une conscience plus grande de l’unité du genre humain», a appelé une nouvelle fois Jean Paul II. «Elles ont aussi à dialoguer pour mieux se connaître, pour apprécier leurs richesses mutuelles et pour collaborer au bien commun de l’humanité».

«Pour parvenir à un ordre international équilibré, notamment face au terrorisme qui veut imposer sa loi, la volonté de construire un avenir commun garantissant la paix pour tous, suppose l’engagement des Etats de se donner des moyens stables, efficaces et reconnus, comme l’Organisation des Nations unies et les autres Organisations internationales», a soutenu le pape, dans un discours en français remis au diplomate iranien.

«Assurément, la construction de la paix suppose la confiance mutuelle pour accueillir l’autre, non comme une menace, mais comme un partenaire, en acceptant également les contraintes et les mécanismes de contrôle qu’impliquent les engagements communs comme les traités et les accords multilatéraux», a encore expliqué le pape, «dans les différents domaines des relations internationales qui touchent au bien commun de l’humanité, comme le respect de l’environnement, le contrôle du commerce des armes et de la non-prolifération des armes nucléaires, la protection des enfants, le droit des minorités».

Liberté de professer sa religion

Alors que l’Iran refuse de suspendre ses activités d’enrichissement d’uranium, des pays européens comme la France, l’Allemagne et la Grande- Bretagne tentent de convaincre cette république islamique de se plier aux conditions dictées par l’AIEA (l’Agence internationale de l’énergie atomique) à Vienne avant que le dossier nucléaire iranien ne soit envoyé au Conseil de sécurité de l’ONU.

«Pour sa part, a relevé le pape, le Saint-Siège ne ménagera aucun effort pour convaincre les responsables des Etats de renoncer dans tous les cas à la violence ou à la force, et de faire toujours prévaloir la négociation comme moyen de surmonter les désaccords et les conflits qui peuvent surgir entre les nations, les groupes et les individus».

Le pape a également souligné que le Saint-Siège «comptait sur l’appui des autorités iraniennes pour permettre aux fidèles de l’Eglise catholique en Iran, ainsi qu’aux autres chrétiens, la liberté de professer leur religion et pour favoriser la reconnaissance de la personnalité juridique des institutions ecclésiastiques, leur assurant ainsi un travail plus facile au sein de la société iranienne».

Le pape s’est aussi réjoui «de la mise en place d’une rencontre régulière de dialogue de haut niveau entre chrétiens et musulmans dans le pays, sous l’égide du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux et des Autorités religieuses chiites iraniennes».

99% des 70 millions d’Iraniens sont musulmans, (95% sont chiites et 4% sunnites), tandis que 0,2% sont chrétiens. Ces derniers sont à majorité orthodoxe, même s’il existe une petite communauté catholique qui compte entre 10’000 et 13’000 fidèles, de rites chaldéen, arménien et latin.

L’établissement des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et l’Iran date du 2 mai 1953. (apic/imedia/bb/pr)

29 octobre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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