L'Entraide Protestante Suisse dit non à l’initiative «Ecoflop»

Lausanne: Pour l’EPER, Ecopop nuit à l’économie et met en danger la cohésion nationale

Lausanne, 30 septembre 2014 (Apic) A l’instar des évêques suisses, qui rejettent l’initiative «Ecopop» sur laquelle le peuple suisse est amené à se prononcer le 30 novembre prochain, l’Entraide Protestante Suisse (EPER) affirme que cette initiative populaire nuit à l’économie suisse et met en danger la cohésion nationale.

Lancée par l’association «Ecologie et Population» (Ecopop) et intitulée «Halte à la surpopulation – Oui à la préservation durable des ressources naturelles», cette démarche veut adapter la densité de population mondiale et suisse aux ressources naturelles disponibles. Œuvre d’entraide de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), l’EPER a qualifié le 30 septembre l’entreprise des initiants de «flop sur toute la ligne».

L’initiative Ecopop veut assurer la qualité de vie en Suisse en limitant à 16’000 par an le nombre de personnes autorisées à immigrer dans le pays. La Suisse serait ainsi forcée de choisir entre main-d’œuvre étrangère et personnes à protéger. «Loin d’assurer notre qualité de vie, cette initiative nuit à l’économie suisse et met en danger la cohésion nationale. Les initiants veulent également affecter une part du budget de développement de la Suisse à la planification familiale. Or la principale cause du taux de natalité élevé dans les pays du sud n’est pas l’absence de planification familiale, mais la pauvreté et le manque d’éducation».

64’000 personnes aurait dû être renvoyées de Suisse en 2013

Si l’initiative était déjà en vigueur, la Suisse aurait dû renvoyer 64’000 personnes en 2013: des travailleurs étrangers et leurs familles, mais également des réfugiés de guerre et des personnes persécutées.

La Suisse se serait ainsi retrouvée face à une décision difficile, soit accepter les travailleurs étrangers dont elle a impérativement besoin et renvoyer des personnes ayant besoin de protection, soit continuer à protéger les personnes en fuite indépendamment des contingents et renoncer à la main-d’œuvre étrangère. «L’initiative force à choisir entre main-d’œuvre étrangère et personnes vulnérables, mais également entre économie suisse et tradition humanitaire. En ce sens, elle affaiblit non seulement le secteur économique, mais également la solidarité avec des personnes dont l’existence est menacée», peut-on lire dans le communiqué de l’EPER.

Intégrer plutôt qu’exclure pour assurer la qualité de vie

Un contingentement strict de l’immigration risque de limiter les droits à un séjour de longue durée et au regroupement familial, et d’encourager la migration illégale et le travail au noir. En cas d’acceptation de l’initiative en effet, de nombreuses entreprises risquent de se tourner davantage vers des personnes sans permis de séjour et de travail pour répondre à leur besoin de main-d’œuvre, estime l’œuvre d’entraide protestante.

L’expérience faite en Suisse par le passé avec les saisonniers a clairement montré qu’un statut de séjour précaire et la limitation du regroupement familial font obstacle à l’intégration, note l’EPER. Cette dernière s’engage depuis des années en faveur de l’intégration des personnes migrantes et des personnes socialement défavorisées. «Car la solution pour augmenter la qualité de vie en Suisse n’est pas l’exclusion mais l›intégration».

La formation est la meilleure planification familiale

La principale cause des familles nombreuses dans les pays du sud, relève l’EPER, n’est pas l’absence de planification familiale, mais la pauvreté et le manque d’éducation. C’est pourquoi l’EPER travaille au renforcement des organisations villageoises et des groupes de femmes, finance des formations continues et favorise la mise en réseau. Les femmes gagnent ainsi en confiance et en autodétermination, ce qui leur permet de décider elles-mêmes du nombre d’enfants qu’elles veulent avoir. (apic/eper/be)

30 septembre 2014 | 11:26
par webmaster@kath.ch
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