Commentaire : FSSPX : Mgr Fellay dit non à la canonisation des papes honnis
« L’entreprise qui dénature l’Eglise »
Fribourg, 22 avril 2014 (Apic) Après de nombreuses attaques des milieux intégristes contre la canonisation des papes Jean XIII et Jean Paul II c’est au tour de Mgr Bernard Fellay en personne de prendre officiellement la parole pour dire tout le mal qu’il pense de cette démarche. Dans une longue lettre circulaire, le supérieur général de la Fraternité schismatique saint Pie X (FSSPX) dénonce une nouvelle fois l’œcuménisme des deux papes honnis, l’auteur et le propagateur du Concile Vatican II qui a conduit à «l’autodestruction de l’Eglise».
La parution d’une brochure imprimée d’une quarantaine de pages pour dénoncer la canonisation de Jean Paul II distribuée à ses fidèles n’a visiblement pas suffit à la Fraternité pour dire son dégoût des «erreurs libérales». La période des tentatives de rapprochement avec le pape Benoît XVI semble désormais bien révolue. A moins qu’il ne s’agisse de donner des gages à l’aile la plus intégriste du mouvement.
Dans sa conception d’une Eglise définitivement figée à l’époque de Pie XII, Mgr Fellay cache mal sous son argumentation ›théologique’ toute sa frustration de n’avoir quasiment rien obtenu dans ses négociations avec Rome, hormis la levée par Benoît XVI de son excommunication. Frustration peut-être aussi d’avoir quasiment disparu des écrans radars médiatiques avec l’avènement du pape François qui a visiblement ›d’autres chats à fouetter’.
Canoniser Vatican II
Canoniser Jean XXIII et Jean Paul c’est canoniser Vatican II, écrit Mgr Fellay. Là-dessus on ne peut que lui donner raison. Vatican II apporté à l’Eglise romaine des progrès décisifs qui se nomment liberté religieuse, œcuménisme, collégialité des évêques, droits de l’homme, réforme de la liturgie, lecture des ›signes des temps’. Même Benoît XVI, pour qui les intégristes affichaient une certaine sympathie, n’a jamais songé un seul instant à les remettre en cause.
Face à cela, la prétention de la FFSPX à détenir la vérité «enseignée partout et toujours, dans l’espace et dans le temps» devient toujours plus dérisoire et le comportement de ses chefs risque de tourner à l’autodestruction. (apic/mp)



