Rome: Le pape reçoit 8 ambassadeurs venus lui présenter leurs lettres de créance

L’environnement, la paix et la liberté religieuse au cœur des préoccupations du pape

Rome, 17 décembre 2009 (Apic) Comme le veut la tradition à pareille époque, 8 ambassadeurs non-résidents à Rome sont venus présenter à Benoît XVI leurs lettres de créance, dans la matinée du 17 décembre 2009. Ainsi, le pape a reçu en audience les ambassadeurs du Danemark, d’Ouganda, du Soudan, du Kenya, du Kazakhstan, du Bangladesh, de Finlande et de Lettonie, remettant à chacun d’entre eux un message. L’environnement, la paix et la liberté religieuse étaient en particulier au cœur des préoccupations du pape.

S’adressant à l’ambassadeur du Danemark près le Saint-Siège Hans Klingenberg, dont le pays accueille actuellement le sommet mondial sur les changements climatiques à Copenhague, le pape a appelé les Etats à faire preuve de courage et de sacrifice et à ne pas se contenter de «chercher des avantages nationalistes ou à courte échéance». Une fois encore, le pape a aussi expliqué que les devoirs envers l’environnement ne doivent jamais être séparés de ceux «envers l’être humain», en demandant «une critique morale des normes culturelles qui forment la coexistence humaine».

Hommage du pape à la Lettonie

La Lettonie, dont l’ambassadeur, Einars Semanis, était aussi venu présenter ses lettres de créance à Benoît XVI, a reçu les éloges du pape. Soucieux de lutter contre la dégradation de l’environnement, ce petit Etat baltique peut être considéré aux yeux de Benoît XVI comme «un modèle de développement qui protège la dignité de l’homme tout en étant sensible aux nécessités d’une économie durable».

Recevant le nouvel ambassadeur d’Ouganda près le Saint-Siège, Francis Butagira, Benoît XVI a souhaité que les nombreux réfugiés que les conflits internes au pays ont chassés de leurs maisons puissent tirer profit de la déclaration adoptée par la 4e Conférence panafricaine de la Croix-Rouge en 1996 à Kampala, la capitale, pour occuper des postes à responsabilité en Ouganda.

«La simple absence de conflits ne suffit pas à la paix»

Deux mois après le Synode des évêques pour l’Afrique, le pape a en outre évoqué la situation internationale sur le continent noir, conscient que «la simple absence de conflits ne suffit pas à la paix», qui nécessite en revanche l’établissement de la justice, de la réconciliation et de la solidarité.

La résolution du conflit au Darfour était au cœur du message adressé par Benoît XVI à Suleiman Mohamed Mustafa, ambassadeur du Soudan. Regrettant que, jusqu’à présent, les négociations entre les groupes armés aient été «lentes et hésitantes», le pape a estimé que le respect des populations civiles exige de nouvelles tentatives pour trouver des accords durables de la part de toutes les parties.

Benoît XVI s’est aussi arrêté sur la question de la liberté religieuse. Aux yeux du pape, «les familles d’une minorité religieuse vivant dans des zones où les écoles ont des programmes éducatifs adaptés à la majorité religieuse doivent pouvoir avoir le droit de choisir l’éducation de leurs enfants».

Dans le message adressé à l’ambassadeur du Kenya près le Saint-Siège, Elkanah Odembo, Benoît XVI est revenu sur les dernières élections présidentielles sanglantes de fin 2007, qui ont constitué une «sombre période» dans l’histoire du pays. Le pape a assuré de ses prières tous ceux qui ont vécu la souffrance et le deuil au cours des violences qui ont opposé les partisans du candidat sortant à ceux de l’opposition. Il a enfin souhaité que le Kenya, très riche en ressources naturelles, donne la priorité à la lutte contre la corruption et pratique une distribution «plus équitable» des richesses.

Le pape insiste sur le dialogue entre chrétiens et musulmans

Le dialogue entre chrétiens et musulmans a constitué l’essentiel du discours que le pape a remis à l’ambassadeur du Kazakhstan, Mukhtar Tileuberdi. Benoît XVI a ainsi souhaité que le gouvernement de cet Etat d’Asie centrale dominé par l’islam s’engage continuellement «à respecter les droits fondamentaux de l’homme, au premier rang desquels le droit à la liberté de religion».

Le pape, qui recevait aussi l’ambassadeur du Bengladesh près le Saint-Siège, Abdul Hannan, s’est félicité de l’efficacité de la pratique du micro-crédit dans ce pays du sous-continent indien, qui a permis peu à peu un nouveau niveau de prospérité de la population. Persuadé que l’éradication de la pauvreté – un mal qui touche fortement le Bengladesh – est inextricablement liée à l’augmentation de l’emploi, le pape a aussi souhaité «une application juste et prudente de stratégies innovatrices de prêts» pour encourager l’agriculture et le commerce du pays.

Benoît XVI a aussi remis un texte à l’ambassadeur de Finlande, Alpo Rusi, soulignant la tradition humanitaire et l’esprit d’accueil du pays scandinave. Dans cet optique, forte de l’amélioration de la coopération et du dialogue entre les différentes confessions chrétiennes, la Finlande a tout intérêt à profiter de l’action de la petite communauté catholique en faveur de l’accueil des immigrés. Conscient que la Finlande doit faire face à une demande, de la part de certaines parties de sa population, «d’accepter un panel de plus en plus large de points de vue et des styles de vie au nom de la tolérance», le pape a toutefois souligné que «la vertu de la tolérance» ne devait pas se faire au détriment de la «vérité, particulièrement celle qui concerne la dignité de l’être humain». (apic/imedia/cp/be)

17 décembre 2009 | 17:11
par webmaster@kath.ch
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