Philippines: Le président de la République menacé d’excommunication
L’épiscopat catholique s’oppose au financement public de la contraception
Manille, 1er octobre 2010 (Apic) Le président de la Conférence des évêques catholiques philippins, Mgr Nereo Odchimar, menace d’excommunier le président Aquino s’il met en place un financement public des méthodes de contraception.
Catholique pratiquant, «Noynoy» Aquino n’a jamais caché sa conviction que les couples philippins, quel que soit leur état de richesse, devaient être en mesure d’opter pour la méthode contraceptive de leur choix. En visite aux Etats-Unis, s’adressant le 26 septembre à la communauté philippine de Californie, il a expliqué que le gouvernement réfléchissait à l’organisation d’une distribution publique de moyens contraceptifs. «Nous pourrions fournir une aide à ceux et celles qui souhaitent utiliser telle ou telle méthode», a-t-il notamment déclaré. De retour à Manille, le président a précisé qu’il avait obtenu 2,4 milliards de dollars d’investissements américains et un don de 434 millions de dollars de la Millenium Challenge Corporation destiné à financer «des programmes sociaux», ce qui sous-entend notamment la mise à disposition de moyens artificiels de contraception.
Avertissement sur les ondes
Sur les ondes de Radio Veritas, station catholique, Mgr Odchimar a souligné qu’une pilule contraceptive, dès lors qu’elle a un effet abortif, comporte le risque d’aboutir à la mort d’un embryon. Il s’est montré résolu: «Président de tous, vous devez prendre en compte la position de l’Eglise catholique, car nous touchons là à des questions comportant une dimension morale. L’avortement est un crime. Il est passible d’excommunication. C’est là une question grave qui renvoie au non-respect d’un commandement de Dieu.» Il a aussi rappelé que les évêques avaient publié le 12 juillet dernier une lettre ouverte, dans laquelle figurait une invitation au dialogue. Malacanang, le palais présidentiel, n’y a jusqu’ici pas donné suite.
Soutien musulman
Selon Mgr Odchimar, l’Eglise ne cherche pas la confrontation. Toutes les voies seront explorées afin de maintenir les pourparlers avec le pouvoir exécutif. Il a aussi évoqué la possibilité d’une mobilisation populaire massive. Par ailleurs, le 30 septembre, le Conseil des imams du pays a fait savoir que ses membres rejoignaient l’Eglise catholique dans son refus de voir votée cette loi. (apic/nd)



