«L'espoir renaît, la paix revient au Sud-Kivu»

Fribourg: Des camions de pompiers genevois pour l’archidiocèse de Bukavu, en RDC

Fribourg/Bukavu, 14 février 2014 (Apic) «Nos centres de formation sont dispersés dans la campagne, où les routes sont souvent impraticables. Ces deux camions 4 X 4 vont nous être d’une grande utilité, notamment pour le transport de bois destiné aux ateliers-écoles de menuiserie de nos centres de formation des jeunes (CFJ)». De passage à Fribourg, l’abbé Louis-Pasteur Rudahigwa Ciza, se réjouit de voir évoluer sur les pistes du Sud-Kivu les camions de pompiers offerts – pour un franc pièce! – par la Ville de Genève à l’Institut de Management de Projets Internationaux (IMPI), fondé par Narcisse Niclass à Nierlet-les-Bois, non loin de Fribourg.

Directeur du Bureau Diocésain de Développement et des Œuvres sociales (BDD-OSD) de Bukavu, la capitale de la province du Sud-Kivu, l’abbé Louis-Pasteur était l’invité du Fribourgeois Narcisse Niclass. A la recherche de partenaires pour ses projets de développement, le prêtre congolais est tombé sur cet entrepreneur foisonnant d’idées, et engagé dans de multiples projets de développement. Et ce grâce à Luc Rwegema Tabaro – un ami commun qui a étudié la sociologie et la théologie à Fribourg – qu’il avait connu au grand séminaire de Bukavu.

Le pays se relève d’une suite de guerres sanglantes

Le Sud-Kivu, une province de 65’000 km² à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), fait frontière avec le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie. Il voisine également avec les provinces du Nord-Kivu, au nord, du Maniema, à l’ouest, et du Katanga, au sud. Cette région a été, pendant des années, mise en coupe réglée par une succession de rébellions et de «seigneurs de la guerre» qui ont ensanglanté toute la région.

«Aujourd’hui, l’espoir renaît, la paix revient au Sud-Kivu», lance prudemment l’abbé Louis-Pasteur. Réticent à aborder les questions politiques, il veut uniquement se consacrer au développement de sa région. L’envoi de ces deux véhicules de pompiers – qui ne sont pas des camions «tonne pompe», mais des camions techniques âgés d’une dizaine d’années, mais avec moins de 30’000 km au compteur – va lui faciliter grandement le travail. Ce type de véhicule est très demandé dans cette région au climat tropical humide qui alterne montagnes, lacs, plaines et hauts plateaux. Ils serviront au transport, mais également à la formation de mécaniciens dans les ateliers-écoles de l’archidiocèse.

Un pas concret dans la direction d’un «développement durable».

Le premier de ces véhicules, en parfait état, est déjà en route. Acheminé par le port d’Anvers, il sera réceptionné au port de Dar es-Salaam, en Tanzanie, avant d’arriver par la route à Bukavu, à une distance de quelque 1’700 km. L’autre camion devrait partir par la suite. «Chaque camion nous coûte entre 7’000 et 10’000 francs, entre l’acquisition des plaques d’immatriculation, les assurances, le fuel, l’indemnisation des chauffeurs qui les amènent à Anvers», précise Narcisse Niclass. Qui voit dans cette opération en faveur de la RDC, au service de la réinsertion socioprofessionnelle des jeunes en milieu rural, dans le domaine de la menuiserie, de la maçonnerie, de la mécanique, de l’agriculture et de l’élevage, un pas concret dans la direction d’un «développement durable». (apic/be)

14 février 2014 | 13:59
par webmaster@kath.ch
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