Québec : Le projet de 'Charte des valeurs québécoises' fait sourciller juifs et catholiques
L’Etat doit protéger la liberté de religion et non la restreindre
Québec, 24 août 2013 (Apic) Le projet de ‘Charte des valeurs québécoises’ que le gouvernement s’apprête à présenter cet automne fait sourciller les juifs et les catholiques. Il n’a pas encore été présenté officiellement qu’il s’est déjà attiré nombre de critiques, rapporte la lettre d’informations ‘Proximo’.
Dans le journal ‘Le Soleil’ Mgr Pierre-André Fournier, archevêque de Rimouski et président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec, a assimilé ce projet à une forme d’athéisme officiel. Selon lui, l’État doit protéger la liberté de religion et non la restreindre. Il a déclaré au quotidien de Québec qu’un tel projet nuit au patrimoine québécois. L’Assemblée des évêques catholiques fera connaître sa position officielle lors de son assemblée plénière de septembre.
Mise en garde des juifs
Lors d’une rencontre le 19 août avec le ministre des institutions démocratiques, Bernard Drainville, responsable de ce dossier, le président du Centre consultatif des relations juives et israéliennes-Québec, Eric Maldoff, a exprimé la forte opposition de la communauté juive à la proposition du gouvernement visant à limiter le port de signes religieux dans les secteurs public et parapublic. Selon lui, l’interdiction de ces signes «va trop loin» et le débat sur cette question risque de diviser la population québécoise.
«Nous sommes convaincus que la neutralité religieuse ne réside pas dans les vêtements, mais dans l’esprit. Le port de la kippa ou d’une étoile de David est une question de choix personnel qui ne compromet pas l’impartialité» a renchéri Victor Goldbloom, ex-politicien et ancien président du Congrès juif québécois.
Promesse électorale
La ‘Charte des valeurs québécoises’, naguère désignée sous l’appellation de ‘charte de la laïcité’, est une promesse électorale du Parti québécois faite il y a un an. Le gouvernement Marois envisage d’interdire le port de signes religieux apparents dans la fonction publique. Les citoyens qui voudront se prévaloir des services de l’État devront également le faire à visage découvert. Des zones «grises» sont tolérées : le personnel des écoles privées et des garderies en milieu familial ne seraient pas touchées par l’interdiction. Quant aux hôpitaux, ils pourront se prévaloir d’un droit de retrait. Les symboles patrimoniaux chrétiens, tel le crucifix présent à l’Assemblée nationale à Québec, ne seraient pas affectés.
Le ministre Bernard Drainville devrait rendre publics les détails de ce projet de charte au cours des prochaines semaines. (apic/proximo/mp)



