Chine: Vague de répression contre les ouïghours après l’attaque de Kunming
L’ethnie musulmane dénonce une politique de sinisation forcée
Pékin, 7 mars 2014 (Apic) Après l’attaque à l’arme blanche qui a fait 33 morts, le 1er mars 2014, à Kunming, au sud de la Chine, les ouïghours, accusés d’être derrière l’attentat, subissent une vague de répression de la part du régime de Pékin. Les membres de cette ethnie majoritairement musulmane dénoncent depuis longtemps une politique de sinisation forcée à leur égard.
Le 1er mars 2014, huit personnes attaquaient à l’arme blanche des voyageurs dans la gare de Kunming, laissant 33 morts et plus de 145 blessés. Quatre assaillants ont été abattus et les autres capturés par la police.
Bien que la tuerie n’ait pas été revendiquée, les autorités annonçaient aussitôt qu’elle avait été perpétrée par des « terroristes islamistes ouïghours » en lien avec le Mouvement islamique du Turkestan oriental (Etim), rapporte le 6 mars 2014 Eglises d’Asie (EdA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris.
Le Congrès mondial ouïghour, une organisation en exil de défense de cette ethnie, a pourtant condamné sans équivoque l’attaque de Kunming.
Discrimination sur des critères ethniques
La violence de l’attaque et son mode opératoire ont causé une forte émotion au sein de la population chinoise, renforçant un sentiment anti-ouïghour déjà très marqué, affirme EdA. Ces dernières années, et en particulier depuis les émeutes de 2009 à Urumqi, qui ont fait 197 morts, la résistance et les manifestations se sont multipliées dans la Région autonome ouïghour du Xinjiang. Les ouïghours dénoncent une politique de sinisation forcée à leur encontre, similaire à celle mise en œuvre au Tibet.
«Radio Free Asia», une station de radio privée financée par le Congrès des Etats-Unis et qui émet en neuf langues asiatiques, a diffusé des témoignages selon lesquels les autorités chinoises des régions proches du Xinjiang auraient interdit aux commerçants de servir des ouïghours. Les villes du pays auraient également toutes pris des mesures de rétorsion basées sur des critères ethniques.
Des ennemis dans leur propre pays
L’écrivain Wang Lixiong, qui réside à Pékin et suit de très près les problèmes des ouïghours et des Tibétains, dit que l’attaque est survenue à Kunming parce que c’est la région où l’attitude hostile des autorités envers les Ouighours, leur culture et leur religion, est le plus manifeste. « Le plus gros problème, ce n’est pas un tout petit nombre de terroristes…c’est que la population du Xinjiang tout entière est considérée comme un ennemi dans son propre pays», affirme Wang Lixiong. (apic/eda/rz)



