Débat en vue pour les 700 évêques anglicans

L’euthanasie à l’ordre du jour de la Conférence de Lambeth

Cantorbéry, 31 juillet (APIC) Les participants à la Conférence de Lambeth aborderont le problème de l’euthanasie, au cours d’un débat fixé à la semaine prochaine. La Conférence – qui rassemble plus de 700 évêques anglicans du monde entier – devrait aussi approuver la pratique médicale généralement acceptée qui consiste à augmenter les doses de médicaments analgésiques pour les patients en phase terminale.

Pour l’archevêque anglican de Brisbane, en Australie, Peter Hollingworth, l’euthanasie – acte de donner la mort – est contraire à la foi chrétienne et à la loi, qui protègent la vie et la propriété. Au cours d’une conférence de presse, il a cependant établi une distinction entre le fait de donner la mort et celui de laisser mourir «ceux qui sont incurables».

Lors de la conférence de presse tenue le 29 juillet, l’archevêque Hollingworth a reconnu que les médecins augmentaient souvent les doses d’analgésiques administrées aux malades en phase terminale.

«Tous ceux qui sont proches des mourants savent que c’est une pratique largement répandue, et que les personnes en phase terminale reçoivent des doses de plus en plus fortes de calmants. Nous ne savons pas exactement si cette pratique a comme effet d’abréger la vie, car les médecins sont partagés à ce sujet, mais pour nous ce n’est pas l’euthanasie».

Vers le vote d’une résolution

L’archevêque préside les discussions sur l’euthanasie dans le cadre d’un groupe de travail de la Conférence de Lambeth avant l’ouverture du débat, la semaine prochaine, sur une résolution à cet égard. Or, a-t-il précisé, pour la plupart des évêques membres de ce groupe, l’augmentation des doses d’analgésiques pour les malades en phase terminale, et l’abandon de tout acharnement thérapeutique pour les patients incurables ne constituent pas un cas d’euthanasie.

L’archevêque, dont la juridiction couvre l’Etat du Queensland et le Territoire-du-Nord, a déclaré approuver la législation du gouvernement du Queensland visant à protéger les médecins qui, avec le consentement de la famille, augmentaient les doses d’analgésiques pour les malades en phase terminale. Selon la législation, ces médecins ne sont pas reconnus «juridiquement coupables» de la mort de leurs patients. D’après l’archevêque Hollingworth, cela permet de protéger la profession médicale. Il a précisé avoir été consulté par le gouvernement du Queensland, tout comme son homologue catholique romain, avant l’adoption de la loi.

Débat relancé

Il faudra, a-t-il dit, attendre la semaine prochaine avant de connaître le contenu de la résolution qui sera présentée aux participants. Evoquant la situation en Australie, il a dit savoir qu’un Etat australien allait légaliser l’euthanasie et qu’il ne sera pas possible – contrairement à ce qui s’était passé dans le Territoire-du-Nord – au gouvernement fédéral d’abroger la législation adoptée par un Etat à ce sujet. En effet, le Territoire-du-Nord n’étant pas encore un Etat à part entière, cela donnait au parlement fédéral le pouvoir d’annuler ses lois.

Après la révélation, en France, d’une affaire d’euthanasie, le débat se trouve relancé et des personnalités politiques se sont déclarées favorables à la réouverture du dossier. Le porte-parole de la Conférence des évêques de France a déclaré que l’Eglise n’est pas «pour la prolongation de la souffrance» mais que l’»on ne peut pas donner aux médecins un droit de vie ou de mort sur quelqu’un». (apic/eni/pr)

20 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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