L’évêque d’Esteli minimise: «un chien qui aboie ne mord pas»

Nicaragua: Menaces de mort contre le vice-président de la Conférence épiscopale

Managua, 14 août 2009 (Apic) Mgr Juan Abelardo Mata, évêque d’Esteli, au Nicaragua, a reçu des menaces de mort par voie électronique. Vice-président de la Conférence épiscopale du Nicaragua, Mgr Mata a minimisé jeudi 13 août ce type de menaces, affirmant qu’»un chien qui aboie ne mord pas».

L’auteur des menaces de mort, qui signe «Juan Alberto», a dit qu’il allait l’abattre dans les dix jours. Mais l’évêque d’Esteli, au nord du Nicaragua, a affirmé ne pas avoir peur et qu’il n’allait pas se taire pour autant. Ce n’est pas la première fois qu’il reçoit ce genre de menaces, dit-il. Et de rappeler qu’au début des années 90, quand il était présent sur le terrain avec d’autres prêtres pour obtenir le désarmement de rebelles de la «contra», il s’était fait tirer dessus.

Mgr Mata a relevé que ces menaces n’allaient pas faire taire les critiques qu’il adresse au gouvernement de Daniel Ortega. L’évêque d’Esteli estime que les personnes qui ont une arme et disent qu’ils vont tirer et ne le font pas immédiatement, ne tirent jamais. Si les chiens qui aboient ne mordent pas, a-t-il ajouté, le fait qu’ils aboient «est le signe que nous avançons».

Le prélat, qui préside la direction de l’Association nicaraguayenne Pro Derechos Humanos (ANPDH), l’une des organisations de défense des droits de l’homme au Nicaragua, a affirmé que les menaces ne lui étaient pas parvenues directement. Elles étaient contenues dans un courriel adressé à Radio Católica de Nicaragua. «Cette fois, tu ne vas pas t’échapper, et nous allons te faire dormir!», disait le message de menaces, divulgué par l’évêque auxiliaire de Managua, Mgr Silvio José Baez, vicaire général. Ce dernier s’est plaint que le président de la République Daniel Ortega n’a pas condamné ces agressions.

Notons que Mgr Mata a critiqué la présence sur territoire nicaraguayen, à la frontière du Honduras, du président légitime du Honduras, Manuel Zelaya, renversé par les militaires en juin dernier. (apic/prens/nuevd/be)

14 août 2009 | 16:58
par webmaster@kath.ch
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