Sénégal: Pèlerinage marial annuel de Popenguine

L’évêque de Saint-Louis fait un vigoureux plaidoyer pour l’unité

Dakar, 28 mai 2012 (Apic) Mgr Ernest Sambou, évêque de Saint-Louis, au nord du Sénégal, a plaidé en faveur de l’unité, dimanche 28 mai 2012 à Popenguine, sud de Dakar, à l’occasion du 124e pèlerinage marial annuel. Il a estimé qu’elle est «indispensable» à la survie des communautés africaines, au développement économique et à la consolidation des jeunes démocraties sur le continent.

Quelque 100’000 fidèles chrétiens du Sénégal et des pays voisins dont la Gambie et la Guinée-Bissau, des représentants de familles musulmanes, et du gouvernement, ont participé à la messe du pèlerinage dont le thème était : «Que tous soient un». Une invitation du Christ à ce que l’Eglise catholique soit une, à tous les hommes aussi d’être unis, au-delà de leurs diversités et de leurs différences.

Pour l’évêque de l’ancienne capitale du Sénégal et de l’Afrique occidentale française (AOF), «la souffrance de l’autre doit être celle de tous et la joie de l’autre, celle de tous». «Nous sommes tous nés de l’unité. Nous recherchons difficilement l’unité et quand nous y parvenons, elle demeure fragile ou de courte durée. Elle est menacée par le fleuron du diable. Sans Dieu, l’unité des croyants ne saurait se construire encore moins s’établir définitivement. Dieu seul peut aider les hommes à vivre dans l’unité», a-t-il poursuivi, cité par l’agence de presse sénégalaise (APS).

Mgr Ernest Sambou a exhorté les catholiques à l’unité, «indispensable au progrès spirituel» et au développement économique. Il a exprimé le souhait qu’en dépit de la pluralité des ethnies, qui composent le Sénégal et les pays voisins, l’Eglise puisse instaurer une «vraie unité dans ces communautés». «Nous devons vivre dans l’unité, pas seulement en des circonstances particulières et exceptionnelles, mais toujours», a-t-il poursuivi.

La politique n’est pas l’art de se servir

Il a déploré la division du monde en deux : «d’un côté, le monde de ceux qui ont beaucoup d’argent, de l’autre, celui de ceux qui n’en ont pas». Il a dénoncé les obstacles à l’unité, tels que la guerre, qui est causée par «l’égoïsme, la soif du pouvoir», ainsi que les injustices sociales et économiques, l’argent, la politique qui, étymologiquement est l’art de servir la cité et les citoyens. Mais qui aujourd’hui signifie se servir et diviser les autres.

«De nos jours, a-t-il déploré, ce ne sont pas les chefs d’Etat qui détiennent le véritable pouvoir, ni les parlements, mais les banquiers». «Grâce à l’argent, ils dominent les gouvernements, et prennent, sans élections, la place des chefs d’Etat», s’est insurgé Mgr Sambou.

L’évêque a aussi critiqué l’accaparement des terres par les riches internationaux, des pauvres en Afrique, avec la complicité de certains dirigeants du continent. Il a enfin lancé un appel pour la fin du conflit sécessionniste en Casamance, région sud du Sénégal, qui dure depuis 1983. (apic/ibc/aps/mp)

29 mai 2012 | 09:22
par webmaster@kath.ch
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