Ils ne doivent pas se convertir en une idéologie

L’évêque luthérienne Margot Kässmann met en garde contre les progrès de la médecine

Winnipeg, 25 juillet 2003 (Apic) L’évêque luthérienne Margot Kässmann met en garde contre les progrès de la médecine, qui, dit-elle ne doivent pas se convertir en une idéologie.

Les progrès de la médecine ont amené les gens à croire que «tout est possible», que tout est réparable, et cela entraîne le risque que «la santé et la guérison peuvent tourner à l’idéologie lorsqu’on pense pouvoir fabriquer un corps humain parfait», a déclaré le 23 juillet l’évêque luthérienne allemande Margot Kässmann. Elle s’exprimait dans le cadre de la 10e Assemblée de la Fédération luthérienne mondiale (FLM), qui se tient actuellement à Winnipeg, au Canada.

«Souvent l’être humain ne se conçoit plus comme créé à l’image de Dieu, mais il veut créer l’humain à sa propre image», a estimé l’évêque. «Puisque les progrès scientifiques permettent de découvrir des anomalies physiques pendant la grossesse, il y a même des gens qui se demandent si la naissance des enfants handicapés est nécessaire».

Pour elle, «la santé et la guérison peuvent tourner à l’idéologie lorsque l’on pense pouvoir fabriquer un corps humain parfait. On sous-estime souvent le fait que la guérison n’est pas seulement un processus technique, mais que l’âme, elle aussi, en a besoin.»

«Ce n’est pas par la mondialisation des marchandises, des entreprises et du marché» que se produira la guérison. «La guérison vient d’une autre mondialisation: celle du message de l’amour de Dieu, de la justice, de la paix et de la sauvegarde de la création», a déclaré l’évêque allemande.

Discours musclé contre la suprématie américaine

Un jour auparavant, les délégués présents à Winnipeg avaient entendu le discours musclé du président de la FLM, Christian Krause, contre la suprématie américaine dans le monde. Un monde qui, a-t-il dit, «ne pourra retrouver la paix si les Etats-Unis ne respectent pas le droit international et imposent le droit des plus puissants à dicter l’ordre du jour mondial». Et d’ajouter: «Lorsque l’Union soviétique a disparu de la terre et, avec elle, le conflit Est-Ouest, bien des prophètes politiques étaient d’avis que l’ère de la paix éternelle commençait. Ils se sont trompés».

ONU trop faible

Pour lui, la seule puissance mondiale qui reste, les Etats-Unis, est actuellement si supérieure militairement qu’elle n’a aucun adversaire à craindre du point de vue militaire. Et elle est décidée à se servir de la guerre comme d’un moyen d’imposer sa politique quand cela sert ses intérêts».

Et l’évêque Krause de regretter: «L’Organisation des Nations Unies a certes refusé cette guerre – réd.: contre l’Irak) dans le cadre du Conseil de sécurité, mais elle s’est révélée trop faible pour l’empêcher. Les protestations de millions de personnes n’ont servi à rien non plus». A, l’évidence, a-t-il conclu «le droit international public ne peut garantir la paix si les Etats-Unis ne respectent pas le droit et le remplacent par le droit du plus fort». (apic/eni/pr)

25 juillet 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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