L’évêque réformé hongrois Laszlo Tökes déplore le (100292)

«nationalisme chauvin» de l’Eglise orthodoxe roumaine

Bruxelles, 10 février(APIC) Le pasteur Laszlo Tökes, élu il y a deux ans

évêque de l’Eglise réformée hongroise en Roumanie, a déploré dimanche à

Bruxelles le «nationalisme chauvin» de l’Eglise orthodoxe de Roumanie. Hôte

de la mission catholique hongroise dans la capitale belge, celui dont la

menace de déportation de Timisoara mit le feu aux poudres de la révolution

qui allait abattre la dictature de Ceaucescu, affirme que l’Eglise orthodoxe, nettement majoritaire en Roumanie, «reste très liée au régime en place

à Bucarest».

«Après la chute de Ceaucescu, affirme l’évêque d’Oradea, l’Eglise orthodoxe s’est montrée trop favorable au gouvernement de salut national; et

forte de sa prépondérance, elle nous impose à nous, Hongrois, son nationalisme chauvin. Ce chauvinisme roumain souffre, bien sûr, quelques exceptions, par exemple chez le métropolite orthodoxe de Timisoara, tandis que

le patriarche Teoctist de Bucarest ne nous est pas favorable!».

L’évêque réformé affirme sa préoccupation particulière de créer des solidarités neuves par le biais du rapprochement oecuménique. Entre les catholiques (ils sont près de 3 millions en Roumanie, rites latin et byzantin

confondus) et les protestants (près d’un million), la solidarité s’est considérablement développée, puisqu’elle permet notamment la construction de

lieux de culte communs. Il n’en va pas de même, regrette-t-il, avec les orthodoxes, dont l’oecuménisme serait «trop protocolaire».

Doutes sur la régularité des élections municipales du 9 février

Mgr Laszlo Tökes, qui a connu les geôles du régime Ceaucescu, reste critique sur le genre de démocratie qui se construit actuellement en Roumanie.

Dans ce pays de 23 millions d’habitants, l’importante minorité hongroise

(2,5 millions d’habitants) et la minorité tzigane, plus forte encore, n’ont

guère voix au chapitre. Comme membre de la minorité hongroise, Laszlo Tökes

souhaite que sa langue soit mise sur un pied d’égalité avec le roumain.

Il émet cependant des doutes sur la régularité des élections municipales

qui se sont déroulées le 9 février et estime qu’il ne suffit pas d’avoir

des élus locaux, «car ce ne sont pas ces élus qui ont la parole ou le pouvoir: les lois nationales sont en effet élaborées par le gouvernement roumain et dirigées contre l’administration locale; et les préfets – des gens

nommés par l’Etat, et non élus – veillent jalousement à leur application !»

(apic/cip/be)

10 février 1992 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!