Le déroulement de la justice crée lui aussi des divisions. Le Tribunal pénal international institué par l’ONU à Arusha en Tanzanie (8 novembre 1994) pour juger les crimes de génocide a rendu son premier verdict le 2 septembre dernier, contre une ancien maire rwandais, Jean-Paul Akayesu. Fides note que les autorités rwandaises considèrent que ce Tribunal est trop lent dans ses travaux.
L’exercice de la justice
A l’intérieur du pays, les tribunaux rwandais ont déjà fait passer en procès 330 personnes accusées de génocide, et en ont condamné 116 à mort, dont deux prêtres. De nombreuses sentences «ont fait naître des doutes au plan international, à cause du peu de garanties accordées aux accusés», relève l’agence, qui rappelle qu’en avril dernier les autorités rwandaises ont fait exécuter en public 22 sentences de mort, les exécutions ayant été faites » de manière spectaculaire, dans les stades, et en présence de public «. Le président rwandais était resté sourd à un appel à la clémence adressé par Jean Paul II, rappelle Fides qui ajoute : «Au contraire, une campagne contre l’Eglise rencontre un accueil toujours plus grand : sa prédication en faveur de la réconciliation est considérée comme une tentative de ne pas faire appliquer la ’’justice’ dans le pays. «
Les prisons du Rwanda regorgent de détenus: plus de 130’000 (près de 2% de la population), dont beaucoup meurent suite aux privations ou à cause du surpeuplement des cellules. Parmi ces détenus, il y a 9 prêtres, 2 religieuses, 1 diacre, 1 frère religieux et 1 séminariste. Deux prêtres de Nyundo (Jean Emmanuel François Kayiranga et Edouard Ntyriye), condamnés à mort le 17 avril 1997, lors d’un procès marqué par «de graves irrégularités «, attendent le jugement en appel. Le 9 septembre dernier, les autorités ont relâché un troisième prêtre déjà jugé, Denys Sekamana, condamné à quatre ans pour «génocide et crimes contre l’humanité «, le prêtre ayant déjà passé en détention préventive le temps requis par la sentence. (apic/cip/fides/ba)




