Les Romands en fonction au Vatican: Jean-Daniel Pitteloud, vice-commandant de la Garde suisse depuis 2003. Troisième d’une série de 4 portraits qui comprend également l’aumônier de la Garde Suisse pontificale Alain de Raemy, le théologien Charles Morerod et le cardinal Cottier.
L’homme qui a permis un rééquilibrage vers la Romandie
Rome, 26 mai 2010 (Apic) L’arrivée de Jean-Daniel Pitteloud en qualité de capitaine en 1999 avait permis de rééquilibrer un commandement entièrement en mains alémaniques. Depuis 1976 en effet il n’y avait plu eu d’officier romand à la Garde suisse pontificale. Onze ans après son entrée en fonction, l’effectif des francophones a triplé.
C’est dans un contexte troublé, un an après la tragédie qui a coûté la vie du commandant Estermann, de son épouse et de celui qui a été reconnu comme leur meurtrier que le Valaisan de Chamoson fait son entrée à la Garde suisse pontificale. Son engagement s’insère dans une série de mesures destinées à mieux discerner l’équilibre psychique des candidats, à améliorer la formation des gardes ainsi qu’à assurer aux gardes francophones un meilleur accompagnement.
Depuis cet épisode tragique, si les commandants se sont succédés à un rythme assez soutenu, leur remplaçant est resté fidèle au poste auquel il a été promu en 2003. Et il a sans aucun doute contribué à une recrudescence du nombre de gardes romands. «En 1999, ils étaient 11. Actuellement ils sont 32», indique Jean-Daniel Pitteloud, rencontré dans son bureau au Vatican par l’Apic. Sur les 110 gardes suisses, 16 proviennent du canton de Fribourg, qui est actuellement le plus représenté. Les Valaisans sont 14 (tout comme les Lucernois), dont 8 Haut-Valaisans. Alors qu’auparavant le contingent de 110 gardes (fixé par la secrétairerie d’Etat du Vatican) n’était pas systématiquement atteint, il demeure stable depuis environ 7 ans. Est-ce à dire qu’ils doivent refuser du monde? «Oui, mais le choix pourrait être encore plus grand», lance le vice-commandant. «Et s’il remplit les critères, le candidat pourra se présenter à nouveau plus tard».
Plusieurs événements marquants
Plusieurs événements ont contribué à relancer l’intérêt pour «la plus petite armée du monde». Jean-Daniel Pitteloud se souvient en particulier de l’Année sainte 2000, avec les grands rassemblements comme le Jubilé des familles, les JMJ, ainsi que les nombreuses visites de chefs d’Etat. Et bien sûr de l’année 2005, avec les dernières semaines de vie de Jean Paul II durant lesquelles les pèlerins ont afflué, ainsi que le conclave et l’élection de Benoît XVI. Des centaines de millions de téléspectateurs dans le monde et des millions de pèlerins à Rome ont alors découvert ou redécouvert ces soldats casqués en tenue bleue-orange-rouge chargés notamment de surveiller le cercueil du pape polonais et d’assurer la sécurité de son successeur, ainsi que de l’ordre lors des manifestations.
Autre moment particulier cité par le vice-commandant Pitteloud: le 500e anniversaire de la Garde suisse en 2006. Il a été impressionné, à cette occasion, par l’engagement des anciens gardes en Suisse, dont plusieurs ont effectué à pieds le trajet de Bellinzone à Rome, emprunté par les tous premiers gardes en 1506.
Et maintenant, après 11 années passées au service de la sécurité du pape, Jean-Daniel Pitteloud envisage-t-il de revenir en Valais? Tout reste ouvert concernant son avenir, au Vatican comme en Suisse. Il relève cependant que sa petite famille est implantée à Rome. Sa fille de 10 ans y est née et y a toujours vécu.
Aux côtés de trois commandants
Le vice-commandant Jean-Daniel Pitteloud est âgé de 45 ans. Valaisan de Chamoson, il est marié et père d’une fille de 10 ans. Il travaille pour la Garde suisse depuis le 1er mars 1999. Il est alors arrivé comme capitaine, puis a été promu lieutenant-colonel en janvier 2003. Il est titulaire d’une licence en droit de l’Université de Fribourg et d’un Master en Administration Publique (idheap Lausanne). Il est également diplômé de l’Institut Suisse de Police (Neuchâtel) et capitaine dans l’Armée suisse. Il a travaillé au Département de justice et police du canton du Valais. Il a œuvré au Vatican aux côtés de trois commandants: Pius Segmüller, Elmar Mäder et, depuis décembre 2008, de l’ancien commandant de la police glaronnaise Daniel Anrig.
Le vice-commandant est le remplaçant du commandant. Il l’assiste dans la conduite de la Garde suisse pontificale. En cette qualité, il a la fonction de chef de l’Etat-major et coordonne la formation, la logistique, les finances, les relations avec les médias et les publications du Corps. Il s’occupe également de la formation et de l’instruction interne.
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